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Inégalité établie par la loi : le système national de migration à deux niveaux menace la tradition canadienne d’encourager les immigrants à obtenir la citoyenneté canadienne

OTTAWA, le 13 novembre 2012 — L’élargissement considérable du programme canadien de migration temporaire représente un changement radical de la politique nationale d’immigration et menace la conception historique du Canada comme pays d’immigrants en voie d’obtenir la citoyenneté canadienne, selon un nouvel ouvrage en collaboration sur ce phénomène croissant, publié le mois dernier.

« En créant un système de migration à deux niveaux, nous portons atteinte à notre patrimoine national », a déclaré Patti Tamara Lenard, professeure adjointe d’éthique à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa et codirectrice de l’ouvrage en collaboration Legislated Inequality.

« Le Canada s’appuie sur les immigrants en voie d’obtenir la citoyenneté canadienne pour bâtir et maintenir une économie forte, a affirmé Mme Lenard. Cependant, les programmes de migration temporaire, en particulier les programmes ciblant les travailleurs peu qualifiés, créent une classe de migrants destinés à vivre en marge de la société canadienne. »

Codirigé avec Christine Straehle, elle aussi professeure adjointe d’éthique à l’Université d’Ottawa, Legislated Inequality présente le travail de 24 universitaires se spécialisant en sociologie, en science politique, en migration et en études sur les sexes à l’échelle du Canada. Il est publié par McGill-Queen’s University Press.

Il s’agit du premier ouvrage en collaboration qui examine en profondeur la dépendance accrue du gouvernement canadien à l’égard des migrants temporaires pour répondre aux besoins en main-d’œuvre peu qualifiée du Canada. Le programme mis sur pied dans les années 1960 pour quelques centaines de travailleurs agricoles jamaïquains qui avaient été embauchés pour participer aux travaux de récolte en Ontario s’est rapidement développé pour inclure des dizaines de milliers de gardiennes d’enfants, de soignants de personnes âgées ainsi qu’une vaste gamme de travailleurs agricoles et d’employés travaillant dans le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et de la fabrication ou occupant d’autres emplois peu qualifiés. 

Contrairement aux immigrants hautement qualifiés qui sont encouragés à obtenir le statut d’immigrant reçu au Canada et qui entament rapidement le processus de citoyenneté, la plupart des migrants temporaires sont relégués à une série continue de séjours temporaires au Canada, suivis par des retours forcés dans leur pays d’origine.

L’ouvrage décrit en détail les épreuves auxquelles font face, chaque année, les migrants provenant du Mexique, du Guatemala, de la Jamaïque et d’autres pays du Sud pour se rendre au Canada. Ils sont obligés de vivre dans des logements inadéquats et de travailler pratiquement sans sécurité d’emploi, parfois dans des conditions dangereuses. Aucun travailleur canadien ne serait tenu d’endurer de telles conditions.

L’étude examine également les différentes approches provinciales visant à régler ce problème, dont les efforts couronnés de succès du Manitoba pour intégrer les travailleurs temporaires à la vie dans la province, en partie en facilitant leur processus de demande de résidence permanente.

D’après les professeures Lenard et Straehle, les travailleurs temporaires font partie des personnes les plus vulnérables au Canada. L’ouvrage vise à attirer l’attention sur les défis auxquels ils sont confrontés dans leurs efforts pour améliorer leur vie et celle de leur famille. « Nous pensons qu’il est temps que les Canadiens tiennent compte de l’incidence de ces politiques et qu’ils exhortent le gouvernement à renoncer à sa volonté d’entériner l’inégalité par la loi », ont déclaré les auteures.

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