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Comment je suis passée de zéro à plus 1 en Thaïlande

October 22, 2019 | Fanta, Maîtrise ès arts Affaires publiques et internationale, United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), Transnational Organised Crime and Illicit Trafficking - Intern

Voyager pour la première fois dans un pays qui nous est inconnu peut-être excitant et inquiétant à la fois. Ce n’est pas uniquement la méconnaissance de l’autre qui nous angoisse, mais c’est également la découverte du nouveau qui nous tiraille entre des sentiments antagoniques sustentés par nos pensées, notre imagination. Ici, je vous partage cette expérience où l’inconnu devient un quotidien.

Situé en Asie du Sud-Est avec une population de plus de 68 millions d’habitants, je ne connaissais la Thaïlande, qu’à travers Internet. Prisée pour ses vestiges naturels et ses beaux et immenses temples, la Thaïlande n’avait pas plus attisé ma curiosité dans le passé. Ainsi, lorsque j’ai été accepté pour mon stage avec UNODC, commençait pour moi le processus des vrais questionnements. Mis à par l’aspect touristique, que pouvais-je apprendre de la réalité politique, économique, sociale, culturelle de mon futur pays hôte?

Le fait de travailler au sein de mon organisation me permet de mieux saisir les différents enjeux dans la région Asie du Sud-est et du Pacifique, mais aussi des problématiques au sein de la société thaïlandaise. Ces dernières, liées à son histoire politique, aux fortes inégalités socioéconomiques, à la triste réalité du proxénétisme et du travail des enfants, la criminalité et tant d’autres maux que nous pouvons lire et observer de nous-même, font partir de la réalité du pays mais, la Thaïlande est bien plus que ses maux. En 2018, cette monarchie, classée au 83ème rang de l’indice de développement humain, surclassait la Chine. En Thailand, je découvre un gouvernement engagé qui travaille de concert avec ses pays voisins et les grandes organisations, comme UNODC, dans le but de trouver des solutions aux enjeux liés à la criminalité, sous ses différentes formes, qui minent la stabilité socio-économiques, le respect des droits humains et environnementaux mais surtout qui défient les capacités politiques des États.

En outre, je découvre également la volonté des citoyens d’être des acteurs actifs de leur bien être, le rôle non négligeable des ONG et de la société civile dans la protection des personnes vulnérables, de la faune et la flore, de leurs droits en général. Depuis mon arrivée, un mois déjà, il y’a eu deux protestations pacifiques et celui de l’Assembly of the Poor in Tailand, une coalition qui défend la cause des individus vivant dans les zones délabrées en milieu rurale et urbaine et proclamant le respect de leur dignité m’a beaucoup marquée. Mes observations sont en effet le reflet de ce que nous apprenons dans le discours du développement. Je me permets alors de faire un constat sur cette forte volonté de la population thaïlandaise, la plus exclue de surcroit, de défendre ses droits et d’être acteur d’un changement positif. Pays industrialisé, la Thaïlande ne se défini ainsi pas uniquement que par ses problèmes de développement, comme dans la majorité des pays en voie de développement, c’est un pays riche en de bonnes volontés et de changement.

À Bangkok, je découvre une hospitalité des plus accueillantes, une culture riche et diversifiée, une population débrouillarde, courageuse et aimant le travail. Mais surtout, une population pleine de vie. D’un côté les grands hôtels, les gros buildings, les immenses centres commerciaux et de l’autre côté, les petits marchés locaux, les hangars d’alimentations, les petits magasins tenues par des communautés issues de partout dans le monde. Bangkok permet à chacun de s’y retrouver et s’y sentir intégré. Des difficultés il y’en aura toujours, mais ici j’apprends qu’il faut vivre dans le moment. Les motos taxis roulant à vive allure, les marchands ambulants sillonnant les rues, les étrangers explorant la ville en tuk-tuk, et ces locaux toujours agréablement surpris et heureux de m’entendre prononcer maladroitement des mots en thaï, sont des éléments qui font de mes moments ici une expérience riche et inoubliable.

Un mois déjà à Bangkok, et ma compréhension de ma société d’accueille est passé de zéro à +1. J’ai appris et je continue d’apprendre du quotidien grâce aux personnes que je rencontre et côtoient mais aussi grâce mon organisation d’accueille qui œuvre pour la stabilité, le développement et le respect des droits de tout être vivant. Je suis encore dans une phase où le travail se déroule lentement mais sûrement. La dynamique en tant que stagiaire est tout autre comparée à celle des employés. Je continue à me questionner sur mon rôle et ma contribution au sein d’une grande équipe et diversifiée. Les quelques défis rencontrés au cours de cette première moitié de mon stage, me permettent d’en tirer des leçons et de comprendre progressivement mon rôle parmi mes pairs. Mon organisation travaille sur différents enjeux liés à la criminalité dans la région d’Asie du Sud-est et du Pacific. Le fait d’être entouré de professionnels et de personnes expérimentées dans un contexte de travail très diplomatique, me permet d’apprendre et de comprendre la réalité du monde du travail.

De mon ignorance de la réalité de ma ville et de ce que serait mon apport à temps réel dans mon organisation, je me sens mieux intégré socialement et dans un processus d’acquisition professionnellement. D’ici la fin de mon stage, je me donne la chance de pouvoir définir précisément mon apport parmi mes pairs.

Surprising myself

April 27, 2016 | Mehr, DVM, United Nations Association of Canada, Thailand, UNODC in Bangkok

It’s been almost a month here in Bangkok, and somehow I’ve kept it together, not a tear has been shed since the day of my flight, ladies and gentlemen. I know that sounds dramatic, but I don’t think I’ve been so terrified of anything in my life. I spent the day before my flight sobbing and packing, finding things to stress about and trying to convince my mom I wouldn’t be able to handle my time away, that I’m not independent enough. She knows me better than I know myself though, apparently, because ever since I left, I’ve been surprising myself.

During my first few days here, I was incredibly lucky to have a family friend and the other interns at work to help me find my apartment, figure out my walk to work, the rules of getting a cab in Bangkok, what to eat (which is honestly everything, even the ice is fine). I still hang out with those interns, and so many more, but I can can get around the city easily on my own now, I took the sky train yesterday alone, walked around an unfamiliar part of Bangkok to find a friend’s place, I’ve taken motorcycle taxis and explored markets and temples.I paid my rent yesterday, I know that seems silly, and last week I did my own laundry for the first time (I know, I’m embarrassed, you’re allowed to laugh), and I’ve been buying groceries and just, living independently. I’ve gotten home on my own late at night, safely, budgeting for myself, figuring things out without feeling overwhelmed and stressed out.

Work wise, I expected to feel inept, inadequate for the work they would give me, I thought they’d realize quickly that I didn’t deserve an internship with the UN. I’ve been lucky though, my supervisor is fantastic, very supportive and understanding. He actually was an intern with the agency once upon a time, so I think he really gets it. The rest of the small team I work with is great as well, very kind and willing to answer all of my questions, big and small. I’ve met interns from all over the world, some Canadian, some European, a few Thai, some from the Americas, other countries in Asia. Back to the actual work. Turns out, I haven’t felt inadequate at all, the work I’ve been given has been challenging, but having the right resources has made the challenges fun and interesting, and support from other interns in the office, and my team has been invaluable.

Essentially, life in Bangkok has been exactly the opposite of what I thought it would be. I have been the opposite of what I thought I would be. I’ve been happier here than I thought possible. I know that that’s also because the whole experience is new and exciting and different, but I’m just thankful, I think, not to have been holed up in my room every night, waiting for March 31st anxiously, because that’s genuinely how I thought these three months would go until I moved into my apartment. I wrote this in hopes that you’re having similar experiences, surprising yourselves with your own strength, maybe in small ways, maybe in even bigger ways, but also just because I’m really proud of myself for having more emotional and mental strength than I thought I did. For being more capable than I thought I was.