Archives - ‘Sénégal’

Nangadef!!

2 juin 2010 | Marietou, stagiaire, Sénégal, Convergence nationale pour la valorisation des activités de femmes

Déjà un mois que je suis à Dakar la capitale du Sénégal qui se situe en Afrique de l’ouest. Je vis dans un quartier très paisible de Dakar à quelques kilomètres du centre-ville. J’adore être à Dakar, car l’ambiance est totalement différente de ce que nous connaissons au Canada. Les dakarois sont des personnes très chaleureuses et très serviables qui sont toujours prêt à collaborer. Le Sénégal est réellement le pays de la téranga, malgré les difficultés économiques.

Durant mon séjour de trois mois, je travaillerai avec une petite ONG qui œuvre pour la valorisation des activités des femmes en vue de réduire cette tendance à la féminisation de la pauvreté au Sénégal. La convergence nationale pour la valorisation des activités des femmes (CNVAF) est née en 2003 de la volonté des femmes et des jeunes filles à travers à l’entrée en filière de construire un leadership féminin fort et durable et d’une représentation effective des femmes dans les instances de décision. Elle est composée de plus de 100  organisations  reparties au niveau national dans différentes localités.

La CNVAF intervient dans divers domaines, micro-finance, agriculture, transformation diversification des produits locaux, alphabétisation, diverses activités génératrices de revenus etc. Pour la réalisation de cet objectif, la CNVAF est en partenariat avec le CECI qui l’appui financièrement et dans ses besoins de renforcement des capacités de ses membres. Mon mandat consiste à faire une évaluation participative du programme congé solidaire Uniterra en partenariat avec la CNVAF pour permettre une meilleure prise en charge des besoins de l’organisation.

La réalisation de ce mandat me tient beaucoup à cœur parce que je pourrais mettre en pratique les connaissances acquises à l’Université. Pour ceux qui compte faire un stage l’année prochaine, je vous conseille de le faire avec UNITERRA parce que vous viendrez sur le terrain avec un mandat bien défini qui vous permettra de mettre en pratique la théorie apprise.

Bonne chance à tous les stagiaires.

À la prochaine

 

 

Marietou

Baa Dah (Salut en Poulard)

19 mai 2010 | Jesse, stagiaire, Sénégal, AlphaDev
I am really enjoying my time here in Senegal. My first two weeks were an orientation with CECI in Dakar. I really took advantage of the free-time to play tourist. I went to île de Gorée on Saturday, surfing on the beach Ngor, to the Parc zoologique de Hann, the Grande Mosquée de Dakar, la monument de la renaissance africaine and more.
 
I moved to Malika, a suburb of Dakar last Thursday and started work last Friday.  The organization I am working with is one of those amazing little NGOs that manages punch well above its weight and manages loads of activities on a shoe string budget. Alphadev is primarily concerned with literacy, and microcredit/revenue generation activities for women in the suburbs of Dakar. They use a unique style of education that allows their 70 womens groups (composed of 15-30 women) do be almost totally autonomous. These groups self-identify their needs, and Alphadev trains facilitators to provide literacy training. The best students in the group are trained to be leaders after the facilitator leaves. This way the education continues. Each group has a president, secretary and treasurer. These groups manage some seed money and provide micro-credit loans to women in their groups.
 
I will be working with Alphadev to provide training in RBM, as well as interviewing the beneficiaries and employees of two vocational centres for young women to determine their strengths, weaknesses, and recommendations for improvement.
 
In the past few days I have getting acquainted with everyone at Alphadev and learning about their wide array of activities that that they provide for the community. These also include literacy work in Peul, Wolof and French, computer skills training, a number of support networks for female elected officials, and leaders of the women’s groups that they support.
 
I am living with a host family of one of the employees of Alphadev. The family is amazing. Its true what they say about Senegalese being incredibly inviting. I really feel at home with the family. I am quickly learning Poulard, as the family is Peul (Fulani, I think, in English).
The family lives in Keur Massar, so I take a cara-pik (kind of like a Matatu/Dala Dala for people who have travelled in East Africa, or a 14-17 passenger minibus that gets quite full) everyday to work in Malika.
Some striking moments so far have included:
- Seeing the city dump located between Malika and Keur Massar. Garbage trucks from across Dakar deposit their waste here. Apparently the dump is 4 km in length. On our way home yesterday there was a huge fire in the dump. It appears the garbage is often burned. There are small plots of farmland where people grow vegetables adjacent to the dump.

- The food! The food here is amazing. For those of you who don’t know me I am a vegetarian, however when I arrived in Senegal I quickly realized that this would be impossible for the next three months. I am really enjoying eating the rice and fish dishes. The food has a lot of spice in it which I adore. We also had the opportunity while in Dakar to eat cuisine from different countries. We stumbled upon a Nigerian restaurant where no one spoke any French. Another day with the country director of CECI we ate Chinese. Lastly, we ate at a posh Ivoirian restaurant.

I hope everyone else’s internships are going well

Ha ngo ngol (à la prochaine en Peul),

Jesse

Expérience inoubliable

15 avril 2010 | Roger, stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

Le séjour au Sénégal m’a permis de déceler quelques points importants lorsqu’on s’engage à travailler dans le domaine de développement .De prime à bord, il est important de manifester de l’amour dans tous nos engagements et respecter les règlements des partenaires.

Plusieurs facteurs ont contribué au bon déroulement de ma mission, notamment la préparation pré-départ, l’orientation en début de mandat ainsi que l’appui pendant l’affectation.

Cependant, l’intégration dans la société sénégalaise constitue l’élément clé de la réussite de mon mandat. En effet, dès mon arrivée au Sénégal, il fallait cerner le problème de langue en apprenant les notions de base du wolof (langue locale parlée presque partout au Sénégal).

L’intégration  au Sénégal repose sur quelques paramètres, notamment le respect de la  culture, la connaissance des enjeux socioéconomiques, politiques et religieux. Ce dernier domaine n’est pas seulement sacré pour les musulmans (90 pourcent de la population) mais aussi pour les catholiques. Ces derniers constituent la minorité  mais pratiquent la religion catholique d’une manière conservatrice. Il s’avère également important de s’intéresser au sport national, à savoir : la lutte traditionnelle et le football. En outre, le repas  du midi avec les collègues, constitue  le moment capital car c’est autour de ce repas que la communication passe. C’est ce moment  de partage qui favorise le réseautage ainsi que la consolidation de la confiance. L’appui financier du CECI aux ateliers et la disponibilité du chargé de programmes sectoriels ont rendu mon séjour vraiment agréable. Le personnel dynamique, dévoué d’Alphadev a gagné mon estime car ces travailleurs font pratiquement du bénévolat pour améliorer les conditions de vie de la population locale.

Ce climat cordial au sein d’Alphadev et de ses partenaires, m’a permis de réaliser mon mandat, à savoir :

1. Les programmes de l’approche Genre  mis sur pied par Alphadev dans le cadre de lutte contre la pauvreté sont recensés et analysés.

Une liste de la contribution de l’approche Genre contre la tendance à la féminisation de la pauvreté est établie.

2. Le document d’analyse a été élaboré sur les expériences développées sur le terrain.

Validation de l’analyse des expériences durant les  ateliers de restitution qui ont été organisés.

3. Alphadev et ses partenaires sont informés sur la pauvreté, la contribution de l’approche Genre et ses contraintes. 

Alphadev et ses partenaires sont en possession de stratégies et propositions pour lutter contre la tendance à la féminisation de la pauvreté.

Mes objectifs propres d’apprentissage ont été atteints grâce à la collaboration des chefs religieux et de la population de l’arrondissement des Niayes. Ces acteurs clé m’ont accepté comme étant un de leurs. Ce qui m’a permis de collecter toutes les informations sur les différents enjeux, plus particulièrement celui de la religion musulmane (voir entente d’apprentissage).

Cette expérience a  amélioré mes capacités de planification,  connaissances et compétences. En effet, au terme de mon mandat, je suis content d’avoir acquis quelques techniques importantes dans le milieu professionnel, notamment la  rédaction des procès verbaux, la prise de parole pendant les réunions. À cela s’ajoute les évaluations faites après les ateliers, rencontres et  événements importants. Après chaque atelier, rencontre, Alphadev préconise un rapport d’évaluation. Celle-ci permet de déceler les points forts et faibles des événements organisés (évaluation axée sur l’organisme,  la logistique, les participants et intervenants)  afin de les améliorer ultérieurement. Le bon esprit d’équipe et la disponibilité du personnel d’Alphadev ont rendu ma tâche facile.

 La réunion hebdomadaire est également importante  car elle permet de connaitre le rôle de chaque membre, la mission assignée et le partage des résultats atteints.

Leçons apprises

Le domaine du développement exige des sacrifices, l’humilité, la patience, l’intégration culturelle et d’être à l’écoute de la population locale sans tenir de promesses. Les organisations non gouvernementales doivent compter d’abord sur elles-mêmes au lieu de chercher fréquemment les appuis financiers des partenaires.

Conseil aux futurs volontaires

Avant de voyager, il s’avère important de rencontrer le volontaire qui a séjourné dernièrement au Sénégal afin d’acquérir  les informations les plus récentes sur le pays et le lieu d’affectation. Essayer de connaître la culture du pays, quelques mots wolofs car ces connaissances faciliteront vos liens avec les collègues. Ayez l’esprit d’équipe (on est ensemble), manger avec vos collègues car c’est souvent autour du repas que les nouvelles, les interactions sont fréquentes. Le coût de vie est élevé, par conséquent il faut éviter les dépenses inutiles

Je viens par la présente remercier la faculté des Sciences Sociales de m’avoir accordé l’opportunité d’une part, d’améliorer mes compétences, connaissances ainsi que mes capacités et d’autre part, d’avoir mis à profit toutes mes connaissances au service d’Alphadev à travers ce stage.

Par ailleurs, j’exhorte les étudiants qui sont dans le programme de développement international, à participer au Stage international (ça vaut la peine, c’est le passage de l’abstrait au concret).

Roger

Les conditions de vie des femmes de la Vallée du fleuve Sénégal

2 avril 2010 | Lionel, stagiaire, Sénégal, Fédération des Périmètres Autogérés

Pendant deux semaines, j’ai eu la chance de faire des entrevues avec les femmes des unions membres de la Fédération des périmètres autogérés (FPA) mon organisme local. Le but de la rencontre était de connaître les conditions de vie des femmes agricultrices de la Vallée du fleuve Sénégal.

 

Occupant une place prépondérante dans la vie rurale, les femmes de la vallée participent activement au développement socio-économique de leur terroir.

 

Elles ont réalisé et continuent de réaliser des activités dans le domaine de l’environnement (bois villageois, foyers améliorés), du petit commerce, de l’artisanat (teinture, tricotage…), de la gestion de périmètres, d’infrastructures et équipements collectifs (moulin, batteuse, banques céréalières, boutiques d’approvisionnement, etc.) 

 

Malgré leur dynamisme et bien que représentant près de 54 % de la population de la vallée les femmes en général et les organisations de femmes en particulier rencontrent d’énormes problèmes pour leur total épanouissement dans leurs diverses activités tant familiales que socio-économiques.

 

Bien que les groupements féminins soient populaires et que les femmes sont aussi présentes au sein des groupements mixtes, leur participation aux comités de gestion, puis au sein des instances dirigeantes des unions est plutôt faible, leur présence est souvent réduite au niveau des instances à des postes de subalternes ou d’adjointe au sein des instances administratives, organismes publics et para public de leur zone d’intervention. 

 

Il est à noter qu’un des principaux enjeux d’une participation accrue des femmes rurales en général, et celles de la Vallée du fleuve Sénégal aux activités de développement et limitant leur implication dans l’économie monétaire, la vie publique et la politique, est la lourdeur de leur charge de travail.

 

La journée de travail des femmes de la vallée fleuve Sénégal est très longue (12 à 15 heures

 

 

 

perception de la pauvreté à Malika

22 mars 2010 | Roger, stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

La pauvreté est l’état d’une personne qui ne peut pas accéder aux besoins minimums, notamment l’éducation, la nourriture, la santé et un logement adéquat. Les habitants de l’arrondissement des Niayes (Yeumbeul Nord, Yeumbeul Sud, Malika et Keur Massar) réunissent tous les indicateurs de ce concept.

En effet, cette zone regorge une forte population analphabète ayant un revenu très faible et qui ne lui permet pas de payer les soins de santé, l’électricité ainsi que les factures d’eau. À cela s’ajoutent les taux d’inflation, les inondations qui ne permettent pas parfois à la population d’aller à la mosquée (avec des serpents sous l’eau) et le chômage (surtout chez les jeunes) qui atteint un taux très élevé. Malgré son maigre salaire, la personne qui travaille, la plus fatiguée, se voit dans l’obligation de subvenir aux besoins des membres de sa famille (souvent élargie). Cette obligation morale consiste à apporter un soutien financier aux oncles, frères et sœurs ainsi qu’aux enfants.

Autrefois, les familles mangeaient trois repas quotidiennement, actuellement cela s’avère comme un défi, les ménages se contentent d’un seul par jour. Sur le plan sanitaire, aucun hôpital de référence dans l’arrondissement des Niayes. En outre, les centres de santé sont insuffisants par rapport au ratio de la population. Le secteur de l’éducation n’est pas épargné par ce phénomène. En effet, l’enseignement supérieur en paye le prix car non seulement qu’il n’existe aucune université dans la zone, de surcroît les parents ne sont pas en mesure de payer les frais de scolarité et de transport de leurs enfants. Ces derniers fréquentent l’université de Dakar ou le lycée de Pikine, ce qui nécessite un moyen de locomotion pour s’y rendre. Les écoles publiques de l’arrondissement des Niayes accueillent un grand nombre d’élèves et n’assurent pas un encadrement adéquat. Quant aux écoles privées, elles coûtent cher privant ainsi les parents, déjà pauvres, de prendre en charge les frais de scolarité de leurs enfants. Ces cas sont souvent les éléments déclencheurs des décrochages scolaires dans cette région. D’autres facteurs accentuent cette pauvreté, notamment l’exode rural entraînant à son tour le chômage et une forte augmentation de la population. Cependant, les hommes et les femmes de cette zone ne vivent pas d’une manière identique cette misère. Malgré le taux élevé des femmes (52 %), elles demeurent les premières victimes de cette pauvreté. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette féminisation de la pauvreté, notamment le manque d’accès aux ressources, le faible taux de scolarisation et la faible participation des femmes dans les instances de décision. Le taux de scolarisation des femmes demeure très faible dans l’arrondissement et ses environs à cause de manque de ressources. En effet, les parents, dépourvus de moyens financiers, n’arrivent pas à payer les frais de scolarité de leurs filles. Ces dernières finissent par abandonner les études et s’engagent dans des mariages précoces. Parlons du cas des jeunes filles analphabètes de Bayakh mariées à l’âge de 15 ans ou 16 ans. Elles rejoignent très rapidement les autres femmes dans les usines de haricots et entrent à leur tour dans le cycle de pauvreté. Quant aux filles des Niayes qui ont interrompu leurs études, certaines exercent de petits commerces ou travaux domestiques pour aider leurs parents tandis que d’autres vendent leurs corps moyennant quelques billets. La prostitution est devenue le moyen le plus facile pour certaines adolescentes de gagner leur vie. Bravant les maladies sexuellement transmissibles, ces jeunes filles de la banlieue choisissent les lieux touristiques pour exercer leur métier, notamment la plage de Malika, Mbour ou les quartiers huppés de Dakar

Afin de lutter contre la féminisation de la pauvreté dans l’arrondissement des Niayes, Alphadev a mis sur pied plusieurs programmes, notamment ceux d’alphabétisation, d’approche Genre et formation professionnelle. J’espère vous donner d’autres nouvelles bientôt, oups… les coupures de courant fréquentes, ne me permettent pas d’accéder tous les jours à l’internet.

Recevez un bonjour chaleureux de Malika.

Bonjour de Saint-Louis

23 février 2010 | Lionel, stagiaire, Sénégal, Fédération des Périmètres Autogérés

Déjà quelques semaines que je suis arrivé au Sénégal. Le Sénégal, souvent appelé au pays des « Téranga », d’origine wolof se traduit littéralement par hospitalité. Mais en réalité, il reflète surtout le sens de ce qui est tout un ensemble d’actes et de gestes d’ouvertures de la population sénégalaise envers les non-résidents. Évidemment, j’ai été bien accueilli à Dakar par le groupe de CECI d’où j’ai passé une semaine et demie en formation dans le cadre de l’orientation sur le terrain.

 

Je suis affecté dans une très belle ville de Saint-Louis qui est l’ancienne capitale du Sénégal située à environ 260 km de Dakar. Une ville très touristique, où l’on rencontre plusieurs étrangers qui viennent passer quelques séjours sur les belles plages. La population de Saint-Louis est d’environ 180.000 habitants, ces Saint-Louisiens mon bien accueillie avec un grand amour. Malgré tout, il y a la pauvreté dans cette ville d’où on rencontre plusieurs petits enfants de moins de 10 ans qui demandent de l’argent à chaque coin de rue. Saint-Louis a également connu quelques inondations dans les années passées. Malgré cela, la ville a vu quelques déplacements de certaines familles. Dans cette ville, la vie y est paisible et les gens sont très ouverts et sympathiques. Ce qui m’intrigue beaucoup c’est la joie de vivre des Sénégalais malgré la pauvreté.

 

Je travaille au sein de la FPA (Fédération des Périmètres Autogérés) une organisation paysanne non gouvernementale qui est située à Ross Bethio environ 30km de la ville de Saint-Louis. Cette organisation a été créée dans le but d’assurer la défense des intérêts des organisations paysannes chargées de garantir la gestion des aménagements transférés,  La FPA regroupe aujourd’hui huit unions hydrauliques. Toutefois, elle fait partie du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) partenaires d’UNITERRA. Les huit unions membres de la FPA assurent auprès des membres des banques, un crédit pour l’achat d’intrants à la production. Les crédits sont remboursés aux unions en nature. En effet, le Sénégal produit environ 50 000 tonnes de riz et en importe près de 200 000 tonnes par an. À cet égard, le riz importé empêche la commercialisation de la production locale à des prix abordables et dans des conditions optimales de roulement de mise en marché. Cela a pour effet de limiter le potentiel de développement de cette production et donc l’accroissement des revenus des producteurs.

 

Mon mandat consiste à faire des recherches sur la documentation des études qui ont été effectuées sur la commercialisation du riz de la vallée du fleuve Sénégal. Jusqu’à présent, j’ai déjà établi une liste bibliographique de ces études. Dans une semaine, je visiterai les huit unions membres de la FPA afin d’analyser les expériences de commercialisation de ses acteurs. Le but de ces visites consistera à  la collecte d’une gamme d’informations sur les stratégies de commercialisation du riz de la vallée. Grâce à ces visites, je vais produire un document de synthèse des forces et faiblesses des expériences concernées. À la fin de mon mandat, je serais en mesure de proposer des stratégies d’amélioration des approches et des expériences mises en œuvre. En bref, j’apprécie mon expérience au Sénégal et je compte bien profiter du reste de mon séjour.

 

Je vous donnerai mes nouvelles le plus souvent possible dépendamment de ma connexion internet.

 

À bientôt

Bonjour de Malika

10 février 2010 | Roger, stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

Déjà trois semaines et quelques jours que je suis à Malika, un village littoral, traditionnel de la ville de Pikine, situé à 22km de Dakar.

Malika essaye de se relever, il a connu l’inondation qui a contraint plusieurs familles à trouver refuge ailleurs. Les conditions sanitaires sont alarmantes dans les zones sinistrées, l’eau stagnante de couleur verdâtre regorge les moustiques ainsi que les algues. En allant au travail, tout le long du chemin, les enfants me demandent l’argent avec insistance. C’est dans cette zone que je travaille avec Alphadev, une organisation non gouvernementale locale qui totalise une dizaine

Alphadev intervient dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement et de la promotion des femmes. Cette ONG développe maintes initiatives de partenariat en faveur du renforcement des capacités d’intervention des organisations de la société civile. Mon mandat s’inscrit dans cette perspective de renforcement des compétences et capacités des organisations partenaires d’Alphadev. En effet, ma mission consiste à recenser et analyser les données relatives au programme Genre et Développement mis sur pied par Alphadev, dans le cadre de son programme de lutte contre la pauvreté. Par ailleurs il faudra analyser la portée de la contribution de l’approche Genre et Développement à la lutte contre la tendance à la féminisation de la pauvreté. Je dois également produire un rapport systématique des expériences concernées et animer quelques ateliers. Cela implique plusieurs descentes sur le terrain, c’est dans ce cadre que j’ai rencontré les conseillères de l’arrondissement des Niayes dans le département de Pikine (regroupant les communes deYeumbeul Nord, Yeumbeul Sud, Keur Massar et Malika), ayant bénéficié de la formation en Genre.

Le but de cette première rencontre consistait à la collecte d’information, notamment recueillir les opinions des conseillères sur la perception de la pauvreté et la contribution de l’approche Genre à lutter contre la tendance à la féminisation de la pauvreté. D’autres rencontres sont prévues avec les leaders religieux et les notables des communes dans les jours à venir en vue d’établir un lien entre la pauvreté et le programme Genre.

Par ailleurs, je salue le courage et le dévouement du personnel d’Alphadev, en dépit du manque de financement. Cette ONG locale a changé ma vision des organisations non gouvernementales. En effet, j’ai toujours crû que les intérêts d’une ONG ont toujours été différents de ceux de la population. Aujourd’hui, je n’arrive pas à cerner la nuance entre les intérêts d’Alphadev et ceux de l’arrondissement des Niayes. Cette ONG se débrouille tant bien que mal pour répondre aux attentes de la population en mettant place des programmes pour lutter contre la pauvreté.

Inch’Allah, cette pauvreté sera éradiquée.
Roger

Mon stage en quelques mots

21 août 2009 | Elisa, stagiaire, ALPHADEV

Voici quelques mots qui résument bien mon stage et temps passé au Sénégal. Ce fût une expérience unique et inoubliable.

Thiep dieune:
Riz au poisson; plat national mangé 5 fois par semaine (ou plus) et parfois très pimenté!

Maana:
Chanson populaire que j’ai appris à danser.

Mouton:
Très important pour le fête de la Tabasky; cadeau que j’ai offert à ma famille sénégalaise

Inchala:
Si Dieu le veut, parce que Dieu est très présent ici, en passant des expressions aux prières quotidiennes.

Toubab:
Pas une journée ne s’est passée sans que je n’entende ce mot qui désigne une personne blanche.

Boubous:
Vêtements traditionnels sénégalais, de toutes les couleurs et de toute beauté.

Famille:
Elle est tout ici; tellement grande, inutile pour les femmes de chercher un mari à l’extérieur de la famille.

Ataya:
Thé sénégalais; pour tous ces beaux moments passés à boire le thé et à profiter de la bonne compagnie.

Soleil:
Toujours tapant et rayonnant, la chaleur est telle que la pluie est la bienvenue.

Cars rapides:
Pas rapides du tout, moyens de transport de prédilection en banlieue dakaroise, suivis des clandos (taxis clandestins) et charrettes.

Reflect:
Méthode d’apprentissage participative que j’ai capitalisé auprès d’Alphadev.

Alphadev:
Organisation avec laquelle j’ai travaillé, gens dévoués qui m’ont accueillis et acceptés comme l’un des leurs.

Polygamie:
Pratiquée par les hommes, tolérée par les femmes.

Cellulaire:
Tout le monde en a un, même dans les villages éloignés.

Teranga:
Terre d’accueil; gens chaleureux et merveilleux qui vont me manquer.

Quelques faits et anecdotes sur mon expérience au Sénégal.

3 août 2009 | Tania, stagiaire, ANCAR

Plusieurs choses ici sont frappantes, à commencer par la religion. Plus de 90 % de la population est musulmane, il n’est donc pas rare de voir quelqu’un se mettre à prier près de son commerce. On entend fréquemment des champs religieux, sortant des hauts parleurs des mosquées. Ceux-ci étaient source d’insomnie pour moi, étant donné qu’ils se font aussi pendant la nuit. Je me suis heureusement habitué, et maintenant, je ne les entends plus vraiment. Comme cette religion est très présente, malgré la laïcité du pays, je n’osais pas aborder le sujet avec mes collègues sénégalais. Un jour, le sujet est venu sur la table et je n’ai pu l’esquiver. On m’a demandé de quelle religion j’étais, et j’ai répondu : « je suis catholique sur papier ». Ils ont vite compris que je n’étais pas pratiquante. Ils m’ont demandé si malgré tout je croyais en dieu, et comme je suis incapable de mentir et qu’au Canada je n’ai pas honte de mes convictions, je leur ai dit la vérité. « je ne crois en aucun dieu, je suis athée. Je crois en moi, en mes capacités, je ne me raccroche à aucune religion. Mais, je suis une bonne personne, j’ai des valeurs et j’y tiens. » Inquiète de leurs réactions, j’ai enchaîné avec des excuses, le disant que je ne voulais pas les choquer, etc. L’un d’eux s’est empressé de dire que la religion musulmane respecte les autres religions et que tous les hommes ont droit à leur croyance. J’étais soulagé, nous avons donc eu ensuite une discussion forte enrichissante et en aucun point dérangeante ou blessante.

Un autre fait que j’ai observé ici c’est que les invités doivent bien manger. À chaque repas, peu importe dans quelle famille je me trouve, on me dit la même phrase : « Mange, mange bien Tania ». Même quand je suis totalement remplie, ils me demandent de manger encore. Je vous annonce donc qu’en Afrique, lorsque vous êtes étrangère, vous prenez du poids.

Finalement, les enfants ici sont très curieux et aiment les étrangers. Ils me regardent, m’observent. Plus le temps passe, plus ils s’approchent de moi, s’assoient sur moi ou me tiennent les mains. Un soir où il y a eu une panne d’électricité, je me suis retrouvé enseveli sous une pile d’enfants. Il y en avait tout autour de moi. Et, ils se blottissaient contre moi, cherchant du réconfort. C’était magique comme moment

La famille sénégalaise

3 août 2009 | Maxime, recherche terrain et stage ANCAR

J’ai eu la chance de bien connaître la vie familiale au Sénégal. Je prenais mes repas dans la grande cour de Sambo Wade, le président du CLCOP (le conseil local de concertation des organisations des producteurs). Chez lui, il y avait aussi ses 3 frères et leurs femmes (ils sont polygames) ainsi que tous leurs enfants. Ils étaient vraiment nombreux !!


Les gens parlent le Wolof presque exclusivement. Certains dans la cour arrivaient à se débrouiller en français, mais pour communiquer il était essentiel que j’apprenne le wolof.

Les 6 femmes principales du ménage s’occupaient des repas avec une rotation. C’était un cycle de 12 jours, chacune prépare pour 2 jours de suite et a 10 jours de repos. Mais ce n’était pas pour se reposer ! Au contraire, ces femmes travaillent toujours. Elles font de l’agriculture ; chaque jour elles partent travailler dans les champs. Je suis allée avec elles quelques fois. On y cultivait l’oignon. Au moment de mon stage, c’était la période de récolte et on a pu tout vendre. Par la suite, avec l’approche de l’hivernage (la saison des pluies) on préparait les cultures pluvieuses. Elles allaient semer
l’arachide, la pastèque et le niébé.

Dans la cour, il y avait plus de 25 enfants. Durant l’année scolaire, ce chiffre pouvait dépasser 40, car des jeunes des villages avoisinants venaient afin de fréquenter le collège (l’école moyenne). Il y avait beaucoup de jeunesse autour de moi ! Les jeunes enfants allaient à la maternelle, donc ils connaissaient quelques mots of français qu’ils aimaient bien pratiquer avec moi. J’ai beaucoup appris d’eux, car ils m’enseignaient le wolof en même temps.

Je me suis beaucoup amusée au sein de cette famille. J’espère les revoir un jour inch’allah (c’est arabe pour dire si dieu le veut).