Au pays de la Teranga (hospitalité)
February 10, 2012 | Cynthia, DVM, Réseau Siggil Jiggéen, Uniterra, SénégalSalam Aleikoum tout le monde (Bonjour en Wolof),
Déjà quatre semaines se sont écoulées depuis mon arrivée au Sénégal. Je me rends compte à quel point le temps passe très vite. Le Sénégal est très mouvementé actuellement, car il y aura les élections présidentielles le 26 février 2012. Je constate que l’enjeu majeur dans la situation actuelle tourne autour de la candidature de Maître Abdoulaye Wade, le président actuel. En effet, la majorité de la population sénégalaise refuse que Maître Abdoulaye Wade soit de nouveau candidat aux élections de 2012. Toutefois, ce dernier veut absolument être réélu (président depuis le premier avril 2000). Depuis deux semaines, plusieurs milliers de Sénégalais manifestent, pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle voulue par le président actuel Abdoulaye Wade.
Certaines manifestations sont très violentes et parfois, elles se produisent à environ 2 kilomètres de chez moi. J’entends les coups de feu, des gens qui crient « Yen a marre » et je vois des pneus et des voitures en feu dans les rues. Tous les jours, il y a des policiers/gendarmes dans les quartiers à risques. Bien évidemment, je ne m’aventure pas à l’extérieur lorsque le climat social est instable, donc le risque de danger pour moi est faible. À plusieurs reprises, j’ai été obligée de rester à la maison pour travailler en raison des violentes manifestations ou du manque de transport lié à des grèves des transporteurs protestant contre la hausse du prix du carburant.
Depuis le début de ces protestations, je me suis rendue compte que lorsqu’un pays vit des conflits ou lorsqu’il y a de violentes manifestations souvent reliées à des problèmes politiques, ce pays a beaucoup de difficultés à se développer pendant cette période. J’ai le privilège de vivre cette expérience enrichissante, d’où je réalise à quel point les problèmes politiques, les manifestations et les grèves ont de réelles répercussions à tous les niveaux.
Par exemple, lorsqu’il y a des réunions organisées, je dois tenir compte que les gens peuvent arriver très en retard ou même ne pas se présenter en raison des manifestations et des rues barrées. Vraiment, il y a un grand impact sur le mode de vie des gens, de même que sur le développement des activités/programmes des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des associations qui veulent lutter contre la pauvreté. À mon humble avis, certaines situations compromettent véritablement l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d’ici 2015.
En plus, j’ai eu la chance d’assister à un atelier, organisé par le Réseau Siggil Jigéen en partenariat avec le programme UNITERRA, dans le cadre de l’élaboration de la première mouture du protocole pour le développement du Genre en Afrique de l’Ouest. Professionnellement, j’ai pu créer beaucoup de liens entre les discussions des invités et mes connaissances académiques acquises. J’ai réalisé qu’il est difficile d’élaborer un Protocole unique tout en travaillant avec plusieurs pays en même temps.
Au sujet de mon mandat, ce dernier consiste à élaborer un plan stratégique quinquennal (sur 5 ans) pour le Réseau Siggil Jigéen et à renforcer la gestion organisationnelle entre le Réseau et ses 16 associations et ONG. Ces activités me demandent beaucoup de réflexions et une grande adaptation culturelle. Par exemple, je dois prendre en compte les retards et les absences pendant les réunions. De plus, pour créer des outils organisationnels, je dois prendre en compte les besoins du Réseau et des associations et je dois évaluer la potentialité de certains outils de planification en raison des risques possibles (pannes électriques, manque de participation, disponibilité des équipements, etc).
Du côté de mon apprentissage personnel, je ne cesse de penser et d’analyser jour et nuit. J’ai décidé de me créer un « blog » sur mon expérience au Sénégal. En effet, je crois que le meilleur moyen d’apprendre, c’est d’écrire un journal intime en y inscrivant mes réflexions, mes opinions, mes sentiments, mes observations, etc. Une fois que mon voyage sera terminé, je pourrai faire une analyse plus approfondie. Aussi, je connais en moyenne 40 mots en Wolof, la langue locale du Sénégal. J’aime bien parler en Wolof, car je ressens une meilleure réception et une approche plus positive de la part des Sénégalais. Aussi, cela permet de mieux m’intégrer culturellement.
En plus, j’ai vécu quelques chocs culturels pendant mon séjour au pays de la Teranga (hospitalité). Lorsque j’étais dans l’avion, je pouvais très bien distinguer, à l’œil nu, le degré du niveau de vie social des quartiers. Les quartiers riches et pauvres sont côtes à côtes et seule une rue principale les séparent. En descendant de l’avion, la chaleur m’a complètement déstabilisée. Pendant 5 jours, il a fait environ 34 degrés et normalement la température devait être de 25 degrés. Aussi, j’ai toujours un peu de difficulté à m’adapter à la poussière et la pollution dans l’air.
Les gens du Réseau Siggil Jigéen et du CECI au Sénégal m’ont très bien accueillie et ils m’appuient dans mon travail. L’Ambassade du Canada au Sénégal et le CECI avertissent les Canadiens lorsqu’il y a des rassemblements et nous mentionnent les endroits à éviter. D’ailleurs, je les remercie ! J’ai hâte de vous partager mes prochaines expériences !
Ba benene (À la prochaine)