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Au pays de la Teranga (hospitalité)

February 10, 2012 | Cynthia, DVM, Réseau Siggil Jiggéen, Uniterra, Sénégal

Salam Aleikoum tout le monde (Bonjour en Wolof),

 

Déjà quatre semaines se sont écoulées depuis mon arrivée au Sénégal. Je me rends compte à quel point le temps passe très vite. Le Sénégal est très mouvementé actuellement, car il y aura les élections présidentielles le 26 février 2012. Je constate que l’enjeu majeur dans la situation actuelle tourne autour de la candidature de Maître Abdoulaye Wade, le président actuel. En effet, la majorité de la population sénégalaise refuse que Maître Abdoulaye Wade soit de nouveau candidat aux élections de 2012. Toutefois, ce dernier veut absolument être réélu (président depuis le premier avril 2000). Depuis deux semaines, plusieurs milliers de Sénégalais manifestent, pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle voulue par le président actuel Abdoulaye Wade.

 

Certaines manifestations sont très violentes et parfois, elles se produisent à environ 2 kilomètres de chez moi. J’entends les coups de feu, des gens qui crient « Yen a marre » et je vois des pneus et des voitures en feu dans les rues. Tous les jours, il y a des policiers/gendarmes dans les quartiers à risques. Bien évidemment, je ne m’aventure pas à l’extérieur lorsque le climat social est instable, donc le risque de danger pour moi est faible. À plusieurs reprises, j’ai été obligée de rester à la maison pour travailler en raison des violentes manifestations ou du manque de transport lié à des grèves des transporteurs protestant contre la hausse du prix du carburant.

 

Depuis le début de ces protestations, je me suis rendue compte que lorsqu’un pays vit des conflits ou lorsqu’il y a de violentes manifestations souvent reliées à des problèmes politiques, ce pays a beaucoup de difficultés à se développer pendant cette période. J’ai le privilège de vivre cette expérience enrichissante, d’où je réalise à quel point les problèmes politiques, les manifestations et les grèves ont de réelles répercussions à tous les niveaux.

 

Par exemple, lorsqu’il y a des réunions organisées, je dois tenir compte que les gens peuvent arriver très en retard ou même ne pas se présenter en raison des manifestations et des rues barrées. Vraiment, il y a un grand impact sur le mode de vie des gens, de même que sur le développement des activités/programmes des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des associations qui veulent lutter contre la pauvreté. À mon humble avis, certaines situations compromettent véritablement l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d’ici 2015.

 

En plus, j’ai eu la chance d’assister à un atelier, organisé par le Réseau Siggil Jigéen en partenariat avec le programme UNITERRA, dans le cadre de l’élaboration de la première mouture du protocole pour le développement du Genre en Afrique de l’Ouest. Professionnellement, j’ai pu créer beaucoup de liens entre les discussions des invités et mes connaissances académiques acquises. J’ai réalisé qu’il est difficile d’élaborer un Protocole unique tout en travaillant avec plusieurs pays en même temps.

 

Au sujet de mon mandat, ce dernier consiste à élaborer un plan stratégique quinquennal (sur 5 ans) pour le Réseau Siggil Jigéen et à renforcer la gestion organisationnelle entre le Réseau et ses 16 associations et ONG. Ces activités me demandent beaucoup de réflexions et une grande adaptation culturelle. Par exemple, je dois prendre en compte les retards et les absences pendant les réunions. De plus, pour créer des outils organisationnels, je dois prendre en compte les besoins du Réseau et des associations et je dois évaluer la potentialité de certains outils de planification en raison des risques possibles (pannes électriques, manque de participation, disponibilité des équipements, etc).

 

Du côté de mon apprentissage personnel, je ne cesse de penser et d’analyser jour et nuit. J’ai décidé de me créer un « blog » sur mon expérience au Sénégal. En effet, je crois que le meilleur moyen d’apprendre, c’est d’écrire un journal intime en y inscrivant mes réflexions, mes opinions, mes sentiments, mes observations, etc. Une fois que mon voyage sera terminé, je pourrai faire une analyse plus approfondie. Aussi, je connais en moyenne 40 mots en Wolof, la langue locale du Sénégal. J’aime bien parler en Wolof,  car je ressens une meilleure réception et une approche plus positive de la part des Sénégalais. Aussi, cela permet de mieux m’intégrer culturellement.

 

En plus, j’ai vécu quelques chocs culturels pendant mon séjour au pays de la Teranga (hospitalité). Lorsque j’étais dans l’avion, je pouvais très bien distinguer, à l’œil nu, le degré du niveau de vie social des quartiers. Les quartiers riches et pauvres sont côtes à côtes et seule une rue principale les séparent. En descendant de l’avion, la chaleur m’a complètement déstabilisée. Pendant 5 jours, il a fait environ 34 degrés et normalement la température devait être de 25 degrés. Aussi, j’ai toujours un peu de difficulté à m’adapter à la poussière et la pollution dans l’air.

 

Les gens du Réseau Siggil Jigéen et du CECI au Sénégal m’ont très bien accueillie et ils m’appuient dans mon travail. L’Ambassade du Canada au Sénégal et le CECI avertissent les Canadiens lorsqu’il y a des rassemblements et nous mentionnent les endroits à éviter. D’ailleurs, je les remercie ! J’ai hâte de vous partager mes prochaines expériences !

 

Ba benene (À la prochaine)

Reflection on my 3 months in Senegal

April 18, 2011 | Nathalie, Stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

It is hard to believe how quickly these three months have gone by. To sum up my experience, I thought I would share some of the highlights and a few reflections:

The team dynamic at Alphadev was one of the most positive aspects of my work experience. I have never worked in a place where there was really no hierarchy. There is a director, but he does not make important decisions without the consent of the team. At the end of the day, everyone (all 7 team members) seemed to have an equal voice. It was great to experience such a positive, supportive and collaborative work environment.

I learned that micro finance is a much broader concept that what it appears to be on paper (i.e., academic literature, media). It is more than just credit and loans; it is as much about financial services as it is about non-financial services. It is about creating sustainable livelihoods, group solidarity, developing entrepreneurial skills, formulating objectives, and much more. There are so many ways to execute a micro finance program, depending on the context and culture of the country. In Alphadev’s program, there is huge emphasis on working collectively; women receive loans and reimburse as a group, never individually. This is a crucial component, as it provides a form of financial security. This is also very reflective of the culture.

One of the most important aspects of my internship was to understand and experience Senegalese culture. I feel this was important for the success of my mandate, because without a deeper understanding of cultural values, I would have had a hard time adapting my ideas and work to this context. Living with a host family was certainly a great way to do this.

My eyes were opened to another reality, a reality I knew existed but one I was never exposed to completely. This is the reality of women who live and calculate their earnings on a day-to-day basis, who have no way of telling if their income by the end of the day will be enough for them to get by. I worked with people who live in a cycle of continuous debt, who have never been provided with what we consider to be some of the simplest skills to make their livelihoods successful. I was inspired by the motivation and willingness of the women we worked with to improve their skills and broaden their knowledge. They had an openness that is key to their success.

Now back in Canada, I have had time to reflect on my internship and put things in perspective. Overall, I had an incredibly positive and well-rounded experience, both professionally and personally.

Best of luck to future interns!

Approaching the end…already?!?

April 12, 2011 | Nathalie, Stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

Time seems to go by at warp speed here in Senegal, my internship is quickly coming to an end. My work at Alphadev has been extremely busy, and also highly interesting, which is probably why I didn’t notice the time go by. I’ve settled nicely into my new lifestyle here in Malika. Every morning I walk along the main road to work, and on the way I stop and chat with women I know who are selling peanuts, fruit, or breakfast, which usually consists of baguette bread with an assorted choice of spicy sauces or egg, and “café Touba”, a very typical and delicious local blend of spiced coffee.

These small commercial activities are typically run by women, who sometimes begin their day selling breakfast, and stay all day and late into the evening selling different things throughout the day. This day-to-day income is minimal, and many factors contribute to the fact that financial stability is very difficult to achieve in Senegal. Most women will say that their biggest obstacle is the high price of staple foods, such as oil, rice and other grains, and also the constant fluctuation of prices. This is of course a central topic in international development that has affected so many countries. It has been interesting to see these effects first hand.

A lot of my internship has been about working with women who run small, informal economic activities, whether individually or collectively. After many field visits, questionnaires and focus groups, a lot of my questions related to micro finance programs have been answered, or at least become more clear. These visits really enabled me to identify some of the strengths and weaknesses of Alphadev’s program. An activity that turned out to be very interesting was a participative workshop I ran. This was completely an experiment, as I had never done anything like this before. The idea was to get members of the Federation (which encompasses all of the groups of women in the program) to engage in a more comprehensive planning process, enabling them to formulate common objectives, which they then turned into a plan of action. Currently, in this last phase of my internship, I am writing a report on my field visits, the workshop and my findings. The most important part of this whole process has been the collaboration with the team at Alphadev; my colleagues are always ready to step in when I need them and give me direction, even if it is just to discuss my ideas. This collaboration helped me to better understand the context and reality I am confronted with here in Senegal, which I believe is such an important aspect of this internship.

Aside from work, I have learned a lot about Senegalese culture and current events. A few weeks ago, several protests took place in Dakar and in other major cities in Senegal due to increasing frustrations with the central government. The first major issue (among many others) is the electricity cuts. In 24 hours, the outskirt regions of Dakar (la banlieue) will receive about 4-6 hours of electricity. The electricity cuts are affecting some of the poorest populations; most small businesses cannot be productive without electricity, and cannot afford back-up generators. Students are also affected, as they are very dependent on computers. For me, this was a slight lifestyle adjustment; in Malika, electricity has proven to be a rare luxury!

I have also satisfied my sense of adventure. I recently visited Toubacouta, a region along the Sine-Saloum Delta which is near the border with the Gambia. I also made a weekend trip to the historical city of St. Louis, Senegal’s previous colonial capital. Both of these places were drastically different from the Dakar region, both in culture and scenery. I can tell it is going to be difficult to part with this beautiful country…

Nanga def, hello from Senegal!

February 23, 2011 | Nathalie, Stagiaire, ALPHADEV, Sénégal

My experience in Senegal began almost six weeks ago, when I was greeted by CECI in Dakar. My first few days were spent in an excellent orientation by CECI. Since then, the members of the CECI office in Dakar have been a great support and resource for me. I spent my first afternoons exploring (and trying unsuccessfully not to get lost) in Dakar, an impressive and chaotic city located on a beautiful peninsula, which marks the farthest western point of Africa.

I am living and working in Malika, one of the many communities or “communes d’arrondissements” located in the outskirts of the capital city, Dakar. I live with a host family and can walk to and from work. The family has been fantastic so far, as it has been great way to experience Senegalese culture (and food!). These communities outside the city are very densely populated, and what I love is that the streets are full of life both day and night, flooded with small businesses and market activity.

I am working for a Senegalese NGO called Alphadev. Since the moment I began to work here, the team at Alphadev, comprised of 4 women and 3 men, has never ceased to amaze me for their level of dedication. For over 13 years, Alphadev has managed projects and programmes well beyond their capacity and resources. Their programs consist of activities in literacy, awareness on various social and legal issues aiming to empower women and educate men, and lastly, micro finance. These aspects are all combined within the same program, which touches over 1,000 women organized in groups in the outskirt regions of the capital. My mandate is to do an evaluation of the micro finance program. Over the last few weeks, I have been conducting field visits and using questionnaires/focus groups with the groups of women, as well as with people at higher levels of the program. I will also be leading a participatory workshop, which will hopefully compliment the questionnaires.

The visits have allowed me to develop a strong understanding of the realities faced by women in this area, and will help me to develop tools or projects that could be adapted to this context. Women are often involved in very small-scale businesses, such as selling fish, peanuts, fruit or vegetables on the market. Many women also sell breakfast and coffee, cosmetic products, and do other miscellaneous activities such as textiles or embroidery. Their income is usually calculated on a day-to-day basis. Many of these groups have developed a joint economic activity, such as dying fabrics or processing fruit and grains, which has helped increase their income collectively. They also use diverse methods to collectively produce savings. These women are extremely motivated to work and develop their skills. They show a great willingness to improve their economic situation, but face so many limitations.

Apart from working, I have had some great cultural experiences; I had the opportunity of going to a wedding! This could not have been more different that the weddings I have seen in Canada. Women and men participate in separate activities; while men discuss and reinforce family ties, women have ceremonial activities, which are usually around gift giving. The best part was the dance circles. Children and young women all take turns moving, jumping and shaking to the fast Senegalese Mbalax beat all afternoon in the sand. I was most struck by the simplicity of the event, and how it was so rich at the same time.

I began this internship with an open mind, which I believe was the best thing I could do to prepare for this kind of work. In the beginning, I was constantly asking questions – to my team, my host family, people in the community. I find the more answers I get, the more questions I have. As I begin to better understand my environment, I realize how much I still have to learn!

Le rôle du communautaire

September 2, 2010 | Guillaume, cours recherche terrain Sénégal

Lorsque j’ai choisi d’étudier en développement international, je souhaitais comprendre pourquoi certains pays sont riches et d’autres sont pauvres. Plus j’ai appris et plus j’ai voulu changer cette situation, mais comment faire ? J’ai choisi de travailler directement avec les communautés et les organismes dans ses pays afin de les soutenir dans leurs efforts de développement. Il m’était évidement que ce ne serait pas assez pour régler les problèmes systémiques du développement international, mais c’était, selon moi, important de s’impliquer auprès des communautés, de supporter les organismes à but non lucratif qui lutent localement contre ces problèmes, et d’aider les citoyens à se prendre en charge. 

 

Mes premières expériences dans le développement communautaire ont été au Canada dans un contexte bien différent de celui dans lequel j’évolue ici au Daara de Malika. Le communautaire était, au Canada, une façon originale de répondre aux besoins des gens marginalisés par un système. Bien que ce système ne soit pas parfait et qu’ils ne répondent pas aux besoins de tout le monde – ce qui explique le recours aux organismes communautaires, le système réussi quand même à desservir la majorité des gens. 

 

Les actions communautaires n’ont pas le même rôle dans un contexte comme au Sénégal ou le système ne prend en charge qu’une minorité de gens. Le recours communautaire au Sénégal est un choix qui s’opère avec des paramètres tout autres. Les organismes communautaires sont donc face à plus de pressions que les nôtres puisqu’ils doivent répondre aux besoins de plus de gens. Le Daara de Malika, en fournissant une éducation qui respecte la culture et le contexte socio-économique de la communauté où il est établi, fait face à d’énormes pressions et se doit de refuser de demandes d’inscription chaque année. 

 

Ces constats me font me demander comment soutenir les communautés qui souhaitent se prendre en charge. Est-ce qu’on doit vraiment s’attendre à ce que la communauté atteigne un niveau d’autonomie assez élevé pour gérer des projets d’une telle envergure ? Les initiatives de micro-crédit, de maraîchages et de support aux femmes sont toutes bien intéressantes, mais est-ce que c’est réaliste dans une communauté où on retrouve des milliers d’homme et de femme pauvres qui ne sont pas en mesure de subvenir aux besoins de leurs familles. Lorsqu’il y a autant de gens, qui est-ce qu’on doit prioriser ? 

 

En travaillant dans la communauté de Malika auprès de cette école qui agit aussi de lieu de rencontre pour la communauté, j’ai réalisé l’ampleur de l’impact que l’organisme a sur le développement de sa communauté. J’ai aussi réalisé que tout ça, ce n’était pas assez. J’ai beaucoup d’espoir pour le développement en général et certainement celui du Sénégal, mais ce développement passe par un meilleur fonctionnement du système afin qu’il réponde aux besoins de plus de personnes – que les organismes communautaires retrouvent leur fonction principale qui est d’aider les marginaux et que la majorité puisse vivre, aimer, élever une famille et rêver à l’intérieur du système.

Lettre à une amie qui part changer le monde

July 21, 2010 | Guillaume, cours recherche terrain Sénégal

J’ai écrit cette lettre pour une amie à moi, mais je pense qu’elle est pertinente pour chacun de ceux qui partent pour changer le monde, et peut-être se changer eux-mêmes.

Chère amie,
Je m’aperçois aujourd’hui que je n’ai jamais su vraiment qui tu voulais devenir lorsque tu es partie à Montréal. Dans ma tête, tu souhaitais cumuler les expériences, sans plan précis quant à où elles te mèneraient. Probablement parce que moi, c’est ce que je faisais.

J’ai vu dans la dernière année s’épanouir la personne que tu avais bien gardée pour toi durant toutes ces années de secondaire et de cégep où l’on s’est côtoyé. J’ai découvert une personne dévouée, qui n’a pas peur de prendre des responsabilités et qui n’a pas peur de s’impliquer dans sa communauté pour faire une différence. Le mieux dans tout ça c’est que ta communauté, c’est le monde.

Globe trotteur que tu es, tu quittes dans peu pour le Costa Rica où tu appuieras les efforts de SUCO dans la mise en marché de produit d’une coopérative de producteur de Café. Avant de te laisser partir, j’ai besoin de partager avec toi quelques leçons apprises au Sénégal, et mon opinion face aux défis qui se posent quand on veut faire du développement international. Ce n’est pas parce que je pense que tu n’es pas en mesure de le faire sans que je t’en parle, mais, c’est beaucoup plus parce que je suis fier de ce que tu es et que je veux t’encourager dans tout ça.

Le développement a ses paradoxes qui existent partout. Ils ne font que te mélanger et « challenger » tes valeurs, et ça, chaque jour, à chaque instant, à chaque action et à chaque conversation. Tu vas souvent te demander qui tu es, si ce que tu fais est en accord avec tes valeurs. La ligne est vraiment difficile à tracer entre donner du support et donner la charité. Entre encourager les gens à se prendre en main et les laisser se démerder. Entre assister les gens et faire à leur place. Je ne te parle pas même pas des petits dilemmes moraux de tous les jours tels que : Je donne 100 francs à l’enfant dans la rue, ou j’achète mon café matinal. Parfois je me sens déjà mal d’avoir autant de possibilités dans la vie, autant d’options, autant d’argent à ma portée à mon retour au Canada et de voir des gens limités comme ici… réduits à un si petit nombre de solutions pour essayer de s’en sortir – ou de simplement survivre… c’est difficile de trouver une justice dans tout ça. Je ne peux pas m’imaginer le dilemme que tu vivras au Costa Rica, mais, je te souhaite d’être capable de tracer cette ligne, mais, dans l’éventualité où tu te retrouverais tiraillée par ton cœur et que chaque jour tu sois obligée de repenser la façon dont tu te comportes, je veux te dire que je suis avec toi.

Je vais être avec toi aussi quand tu vas être confrontée à l’inaction, au fatalisme, à la corruption, ou au manque de prise en charge, qui font que tu te sens comme si tu étais la seule à essayer de faire du développement, alors que les résidants du pays sont là à attendre le prochain bailleur de fonds. Je peux t’assurer que malgré que ces comportements existent, les apparences sont souvent trompeuses et souvent ce sont les compétences, le temps, ou l’argent qui manque, mais pas la volonté.

Bien entendu, il y aura des fois où tu vas juste vouloir tout casser ! Je te dis : « Laisse ta frustration aller ! Parle s’en aux gens qui t’entourent, ils te comprennent souvent bien et ils sont souvent frustrés eux aussi ».

Je veux aussi te mettre en garde : les ONGs, que l’on idéalise peut-être un peu dans le Nord, ne sont pas toujours bien perçues dans le Sud. Souvent, les gens qui travaillent dans les ONGs sont les seuls qui ont vraiment un emploi dans la communauté où ils interviennent. Tu remarqueras aussi que les solutions faciles ici, sont les solutions compliquées là-bas, que le manque de ressources et de capitaux nuit vraiment à la productivité, que la politique, l’économie globale, la corruption, les lois du pays, tout ça jouent dans tout ce que tu fais. Même si tu t’attaques à un problème très local, il y aura toujours ces forces-là au niveau global qui sont là juste pour t’embêter. Des fois tu remarques un problème simple, facile à régler, mais la solution n’est pas à ta portée à cause d’une loi ou de difficultés politiques. D’autres fois, il semble que tu travailles, mais que le monde joue contre toi. Je pense que dans tout ça, il ne faut jamais baisser les bras.

En parlant de ton travail, voici quelques conseils assez « pratico-pratiques »:

1) bien comprendre comment les choses se passe dans ton environnement (ton boss, tes producteurs dans ta coopérative et tous les autres acteurs qui influencent ton travail). C’est vraiment important, mais malheureusement on a tendance à conclure qu’on a compris trop vite en faisant des parallèles avec ce qu’on connaît alors qu’ils ne sont souvent pas très pertinents parce que rien n’est vraiment pareil ici.

2) Vas rapidement voir ceux à la fin de la chaîne, les gens qui peuvent vraiment faire bouger les choses. C’est gens là sont étonnamment enthousiastes aux idées de développement. Ce n’est peut-être pas si surprenant si on part de la pensée que tout le monde cherche à faire du bien autour de lui. Souvent le problème c’est de trouver comment relier les demandent de ces gens-là avec la réalité sur le terrain, ça sera un beau défi pour toi. Ils ne pourront pas toujours t’apporter le soutien que tu recherches, mais ils t’aideront à comprendre la réalité du terrain et d’ainsi être plus apte à faire ton travail

3) Écoute les gens que tu souhaites aider. Pas parce qu’ils ont plus souvent raison que toi, ils auront tort aussi souvent que toi, j’en suis sûr. Si je te dis d’écouter les gens, c’est pour comprendre comment eux font, et comment eux voient le problème. Ton problème à toi, ce n’est peut-être pas le leur. De plus, il faut cibler des choses qui sont appropriées pour l’environnement (comme je disais plus tôt ce qui semble facile ici, est vraiment plus compliqué là-bas). Demande pourquoi le plus souvent possible. Pourquoi vous ne faites pas ça, pourquoi pas ceci ? Parfois la réponse n’est pas une réponse vraiment grave du style « on ne sait pas comment faire » des fois c’est aussi frappant que « Si on fait ça comme ça, c’est lui qui met tout dans ses poches alors ça vaut pas la peine ».

Ton mandat sera peut-être fantastique, peut-être qu’il ne sera pas fructueux. Peut-être que tu seras convaincue que tu fais une différence, peut-être que tu penseras que tu serais plus utile couchée dans ton lit à la maison. Tu vivras certainement une motivation en montagne russe qui passe de très excitée à très déprimée. Je pense que j’ai appris au cours de mon stage que l’important ce n’est souvent pas comment tu te sens par rapport à ce que tu fais, mais qui tu es. Les lois, les mentalités, les politiques qui retardent le développement, les maladies, les conditions géographiques, les problèmes d’infrastructures, l’éducation des populations marginalisées c’est ça, les problèmes qui m’intéressent. Me confronter à ces problèmes-là, c’est ce que j’aime.

Comme un pilote d’avion aime les problèmes de vent et de visibilité, comme une coiffeuse aime les problèmes de look, comme un médecin aime les problèmes de système pulmonaire, moi j’aime les problèmes de développement. J’espère que tu seras confrontée aux problèmes que tu aimes au cours de ton voyage.

C’est plein d’espoir pour le développement en général, et pour ton stage en particulier parce que je sais que tu peux faire de grandes choses, que je veux conclure. La vitesse à laquelle j’ai vu du changement dans la vie des gens autour de moi depuis mon arrivée à Dakar est fulgurante. Les gens sont évidemment dépassés par ce qui se passe partout dans le monde, même dans leur propre pays, mais ils sont là, actifs. J’ai entendu, aujourd’hui, « il est venu du Canada, il a fait des millions de kilomètres pour venir nous aider, ça doit être parce qu’il avait la foi, on pourrait essayer d’avoir la foi nous aussi et de s’aider nous-mêmes ! » Je pense que c’est l’impact que je voulais faire en venant ici, aider des gens à se prendre en main.

Au fond, avec tous ces mots, ce que je veux dire, c’est qu’on va y arriver. On va changer le monde je te jure !

Bonne Chance et donne des nouvelles

Patchwork…

July 19, 2010 | Jesse, stagiaire, Sénégal, AlphaDev

This post is just a patchwork of different thoughts and experiences:

The Rainy Season:
The other day was my first experience of the rainy season in Africa. I couldn’t really understand how there was so much flooding in our communes d’arrondissements, but now I do. If the homes are constructed in valley/low lying areas the rush of water coming from this heavy downpours makes there way to them. Most of the road network have been poorly laid without proper ‘canalisation.’ Citizens also take their own measures to protect their property that alters the flow of water. For example on the main road there is a sidewalk, that, like most sidewalks, dips to the level of the road when there are driveways. Many of these dips have been filled in with cement. The result is that there are pools of water on main roads. On side roads (which are all dirt) massive pools of water build up even after only 1 short rain. At our house if we didn’t have the little drainage hole in the courtyard, the house would have been flooded. Neighbours all down the street made a little semi circle bank of sand around their doorways to prevent water from flooding their compounds.

Religious gathering:
This weekend there was a religious gathering at the house. In the morning we killed a goat. They dug 2 holes. 1 in the compound and the other outside. In the first hole went the blood from the goat as they cut its throat. In the second went all the parts that weren’t being eaten (the feces, stomach contents, gallbladder, skin and little else)…my host sisters cooked up a storm (I recall seeing the intestines tied in two cylindrical pieces cooking away with the rest of the goat). About 20 or 30 men and women came to pray, and afterwards everyone ate. Kids from the neighbourhood were invited to come and finish off what was leftover… the concept of leftovers doesn’t exist in this community.

The ‘lemonade stand’ industries:
Here in Senegal there are loads of women that operate little side businesses selling homemade goods outside of their doors. In the morning the surrounding neighbourhood buys thon, spagetti, or a mayonnaise spread to put on their morning baguette. For 50 CFA for a half baguette portion or 100 for a full bagette. This means that my breakfast usually costs me no more than 125fcfa (not including coffee). If you have coffee you pick it up for 25 CFA, milk for 25 CFA, and sugar. Back to the industry. In the afternoon I sampled big potato wedges with pepper for 25 CFA each, also dumplings with thon are 25f CFA. The lady from which I bought the dumplings told me she makes about 2500 to 3000 each day in about an hours work in the evening. However her costs are around 2000, so her profit is only 1-2 dollars a day. The lady who sells the spaghetti and thon in the morning tells a similar story, saying she doesn’t earn more than 500-800 a day. The cost of oil is their biggest problem. 1L bottles are more than 1000f CFA.

For me this has caused a lot of reflection. I keep asking myself who makes the profit from Senegalese daily expenditures? If I was doing the field research course I am sure this would be my topic. I have lots of questions like: Is most of the profit is traced out of the country to the 80% of food, and the energy (read: petrol) that is imported? Who is making the profit? What are solutions? Create value added goods to support local industries? Do informally prepared foods in their present have significant value added? (No).
These are just some rumblings that might eventually find their way into my final report.

That’s all from Senegal,
Jesse

Le jour où j’ai vécu l’autobus…

June 7, 2010 | Guillaume, cours recherche terrain Sénégal

Tout le monde connaît ma capacité à exagérer.  Je ne me gênerai donc pas pour le faire. De plus, j’aime raconter des histoires… En voici donc une – et comme convenu, n’oubliez pas de faire suivre le message à tout le monde ! Elle n’est pas tout à fait fidèle aux événements…Elle constitue plutôt un amalgame de mes aventures plus ou moins cocasses depuis mon arrivée. En la lisant, vous comprendrez ma réalité, mais vous ne connaîtrez pas tout à fait la vérité. Je l’intitule :

 

Le jour où j’ai vécu l’autobus

 

Ça faisait bientôt quatre jours que nous étions à Dakar et nos aventures touristiques étaient toujours plutôt endormantes. Si la vie d’étudiant en science sociale peut paraître attirante pour certains, sachez qu’un cours recherche terrain sur la société sénégalaise est plutôt sérieux. Les journées de lundi, mardi et mercredi s’étaient résumées à se lever, aller au cours, revenir faire des lectures dans notre appartement, s’endormir sur le recueil de textes en raison de la chaleur et du décalage horaire, se réveiller, poursuivre les lectures, manger, discuter en groupe, trouver un moyen d’aller sur internet en piratant le réseau sans fil des voisins (il fallait être assis à un endroit particulier sur le balcon pour que ça fonctionne), et une fois informé du score du match de hockey — Go Canadien — aller se coucher. Rien de typiquement Dakarois si ce n’est que des prières cinq fois par jour annoncées au microphone — dont la première est à cinq heures du matin, la cohabitation avec nos colocataires — les moutons, la nourriture que l’on achète a coup de 10 000 francs CFA et les plats culturels que l’on nous prépare chaque soir. Il y avait bien certains plaisirs (les mangues fraîches que l’on peut négocier à 100 francs CFA, le soleil en continu, les gens qui disent bonjour à tout le monde sans exception) et les étrangetés (la façon habile dont les taxis — qui nous amènent à l’école et nous ramènent le soir — ont de « défricher» une troisième voie dans une route qui n’en comporte que deux). Mais rien de quoi écrire à ça mère !

 

Tanné d’être une personne responsable (plusieurs de ceux qui me lisent savent que je ne peux être responsable bien longtemps), je décide le jeudi de faire une virée au centre-ville à la recherche du Bureau du CECI.  Je pensais qu’il serait bon de discuter avec eux afin qu’ils m’aident dans mes recherches. Le jeudi nous étions plusieurs à avoir affaire au centre-ville (Ministère de la santé, éducation, autres ONGs) il était donc logique prendre un taxi. Une fois de plus, nous prenons un taxi en direction du centre-ville où nous nous sommes perdus, ‘déperdus’ et reperdus, pour finalement trouver le bureau du CECI. L’intérêt de se perdre au Sénégal, c’est que tout le monde s’attend à ce que vous soyez perdu.  Il est normal, voir encourager, de ne pas savoir où l’on va et de demander son chemin. C’est très peu nord-américain, mais ça m’a permis de voir le débarquement des pirogues de pêches sur la plage ce soir-là. En arrivant au CECI, j’utilise mon charme légendaire pour me faire un bon ami du directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest (que j’ai croisé sur le perron à la sortie du bureau). Après lui avoir expliqué mon projet et ma situation (et l’avoir mit en retard pour le souper avec sa femme)  il m’offre un rendez-vous avec lui le lendemain en fin d’avant-midi.

 

Vendredi, tous mes collègues restent à l’appartement pour avancer dans leurs lectures, écrire leur compte rendu ou terminer leur questionnaire de recherche.  J’étais donc seul à me rendre au centre-ville… c’est ainsi que commence mon aventure !

 

Pour bien vous comprendre, vous devez savoir que les transports en commun à Dakar sont plutôt chaotiques.  Il semble impossible de savoir où va l’autobus que l’on prend, combien cela coûte de le prendre et où est l’arrêt. Sans oublier que je n’ai aucune idée où je vais. Rappelez-vous… j’étais tombé sur le CECI par accident. Je n’avais sur moi que quelques francs, et une indication plutôt vague « point E — Maison de la douane ».  En marchant jusqu’à « l’arrêt d’autobus », j’essaie de me rappeler dans quelle direction aller. Je me rappelle qu’Amadou, notre voisin, nous disait que le point CASTOR est le centre où l’on doit prendre l’autobus pour aller à l’école ou pour partir de l’école vers le centre-ville.

 

Je vais donc à Castor. Arrivé à l’arrêt — disons plutôt « l’endroit des bus », j’observe… Il y a deux types d’autobus : les gros autobus de style chez nous, et, ce que l’on appelle ici, les cars rapides. Hybride entre une ‘van’ 15 passagers et un mini autobus scolaire, les cars rapides sont habituellement peints de toutes les couleurs et l’on entre par l’arrière. Comme ils sont appelés « rapide », je me dis « autant essayer, et voir ! », je m’approche donc du Sénégalais qui me dit : « où tu vas ? » Je dis « CASTOR ! ».  Il me fait signe de monter. Je lui demande alors :


« Tu vas à CASTOR ? »
Pas de réponse…
« C’est combien pour aller à Castor ? »
« 100 francs ! »  « Donne les 100 francs »
« Alors tu vas à Castor ? »

Pas de réponse…

 

J’embarque donc après avoir donné mes 100 francs.  Je me rends compte deux minutes plus tard que je ne suis vraiment pas de la culture puisque tout le monde a embarqué sans payer.  Ce n’est qu’une fois à bord, après deux ou trois arrêts, que le Sénégalais qui m’a fait monter commence à récolter les francs. Il y en a même qui sont descendu entre temps.  Ceux-là ont simplement payé à la sortie ! Donc, je demande mon chemin et m’assure que je vais en direction de Castor.  C’est un oui — et la personne qui me le dit me semble de confiance. Assis à ses côtés, entassés dans le car rapide, je vis mon plus beau moment depuis que je suis sortie de l’avion : je vis la culture sénégalaise ! Après un certain temps, je demande, « vous pouvez m’avertir lorsque nous serons à Castor », la réponse « c’est ici ! »  Je débarque !


Je demande alors à un passant : « Le Point E c’est par où ? » Eh bien, c’était dans l’autre direction…. Pas de problème, il est tôt. J’ai tout mon temps. Je traverse la rue et de l’autre côté, on me suggère de prendre le bus (la bus pour ma gang de Québec) plutôt que le car rapide. Après un petit moment d’attente à négocier une mangue qu’on voulait me vendre 500 francs, l’autobus arrive. Il reste trois places debout maximum, les sept personnes qui attendent, montent ! Après avoir trouvé une place semi-confortable assis sur un rebord de fenêtre, on me dit que je dois payer pour un ticket et on me montre l’autre côté du bus. Il semble que je dois traverser l’autobus pour avoir mon ticket… ‘Go Go Gadget au Bras ‘. Je pense que l’homme qui m’a parlé du ticket a lu dans mon regard mon incompréhension.  Il me dit : « donne-moi quelques francs ».  Je comprends qu’il va faire le trajet en échange d’un peu d’argent… Je suis blanc donc plein d’argent.  Je peux me permettre une dépense de 50 francs extra. MAIS NON ! Il prend mes 200 francs (150 pour un ticket de bus) et les passe à un autre inconnu derrière lui, qui fait de même.  Mes francs disparaissent dans la foule. Environ une minute plus tard, le ticket revient par le même système, de main à main, AVEC LA MONNAIE EXACTE. Je suis stupéfié.

 

Je débarque au point E, où je demande mon chemin une fois de plus — « Maison de la douane ? » la femme ne parle pas français… Elle envoi par contre son enfant chercher des indications, il revient quelques secondes plus tard et hop je suis sur le chemin de la Maison de la douane. Un peu à gauche, demande à l’autre, tourne à droite, demande à l’autre. j’arrive à la Maison de la douane, en face : le CECI.

 

L’entrevue se passe à merveille.  J’ai un rendez-vous avec un directeur d’ONG sénégalaise vendredi qui vient.  Il est midi et demi et ma journée est un succès ! Je suis culturellement adapté maintenant que j’ai pris les transports. Je marche nonchalant dans la rue à la recherche d’un peu tout, « l’université monsieur, c’est par où ? la mer ? la banque la plus proche ? » Je suis invincible ! Je ne peux pas me perdre puisqu’il y a au moins 2 000 000 de Sénégalais prêts à me secourir. J’ai vu l’université, les résidences, la folie qui accompagne la quantité incroyable de monde sur le campus, j’ai vu l’océan, et au large, l’île de Gorée (d’où partaient tous les esclaves). j’ai vu arrivé les pêcheurs, j’ai vu des gens tisser des tissus magnifiques.

 

Énergisé de ces expériences, je repars pour l’aventure. j’approche un jeune qui fait entré les gens dans un car rapide, « Hann maristes — la cafétéria » (je ne vais plus à Castor, je le sais maintenant) il me dit : « tu prends ce car jusqu’à Pattes d’oies, là, tu changes. Tu en prends un autre vers Liberté 6.  Tu prends un autre et là, tu surveilles l’usine de métallurgie. L’arrêt qui suit, c’est Caféteria. »

 

J’AI PRIS UN TAXI !!!

 

Je monte et je m’installe près de la fenêtre, les lunettes fumées, le gilet des Canadiens de Montréal, la tête un peu sortie pour profiter du vent, je retourne à la maison, et j’arrive juste en temps pour le souper !

 

Morale de l’histoire : n’ayez pas peur de vous perdre vous pourrez toujours demander votre chemin.

Nangadef!!

June 2, 2010 | Marietou, stagiaire, Sénégal, Convergence nationale pour la valorisation des activités de femmes

Déjà un mois que je suis à Dakar la capitale du Sénégal qui se situe en Afrique de l’ouest. Je vis dans un quartier très paisible de Dakar à quelques kilomètres du centre-ville. J’adore être à Dakar, car l’ambiance est totalement différente de ce que nous connaissons au Canada. Les dakarois sont des personnes très chaleureuses et très serviables qui sont toujours prêt à collaborer. Le Sénégal est réellement le pays de la téranga, malgré les difficultés économiques.

Durant mon séjour de trois mois, je travaillerai avec une petite ONG qui œuvre pour la valorisation des activités des femmes en vue de réduire cette tendance à la féminisation de la pauvreté au Sénégal. La convergence nationale pour la valorisation des activités des femmes (CNVAF) est née en 2003 de la volonté des femmes et des jeunes filles à travers à l’entrée en filière de construire un leadership féminin fort et durable et d’une représentation effective des femmes dans les instances de décision. Elle est composée de plus de 100  organisations  reparties au niveau national dans différentes localités.

La CNVAF intervient dans divers domaines, micro-finance, agriculture, transformation diversification des produits locaux, alphabétisation, diverses activités génératrices de revenus etc. Pour la réalisation de cet objectif, la CNVAF est en partenariat avec le CECI qui l’appui financièrement et dans ses besoins de renforcement des capacités de ses membres. Mon mandat consiste à faire une évaluation participative du programme congé solidaire Uniterra en partenariat avec la CNVAF pour permettre une meilleure prise en charge des besoins de l’organisation.

La réalisation de ce mandat me tient beaucoup à cœur parce que je pourrais mettre en pratique les connaissances acquises à l’Université. Pour ceux qui compte faire un stage l’année prochaine, je vous conseille de le faire avec UNITERRA parce que vous viendrez sur le terrain avec un mandat bien défini qui vous permettra de mettre en pratique la théorie apprise.

Bonne chance à tous les stagiaires.

À la prochaine

 

 

Marietou

Baa Dah (Salut en Poulard)

May 19, 2010 | Jesse, stagiaire, Sénégal, AlphaDev
I am really enjoying my time here in Senegal. My first two weeks were an orientation with CECI in Dakar. I really took advantage of the free-time to play tourist. I went to île de Gorée on Saturday, surfing on the beach Ngor, to the Parc zoologique de Hann, the Grande Mosquée de Dakar, la monument de la renaissance africaine and more.
 
I moved to Malika, a suburb of Dakar last Thursday and started work last Friday.  The organization I am working with is one of those amazing little NGOs that manages punch well above its weight and manages loads of activities on a shoe string budget. Alphadev is primarily concerned with literacy, and microcredit/revenue generation activities for women in the suburbs of Dakar. They use a unique style of education that allows their 70 womens groups (composed of 15-30 women) do be almost totally autonomous. These groups self-identify their needs, and Alphadev trains facilitators to provide literacy training. The best students in the group are trained to be leaders after the facilitator leaves. This way the education continues. Each group has a president, secretary and treasurer. These groups manage some seed money and provide micro-credit loans to women in their groups.
 
I will be working with Alphadev to provide training in RBM, as well as interviewing the beneficiaries and employees of two vocational centres for young women to determine their strengths, weaknesses, and recommendations for improvement.
 
In the past few days I have getting acquainted with everyone at Alphadev and learning about their wide array of activities that that they provide for the community. These also include literacy work in Peul, Wolof and French, computer skills training, a number of support networks for female elected officials, and leaders of the women’s groups that they support.
 
I am living with a host family of one of the employees of Alphadev. The family is amazing. Its true what they say about Senegalese being incredibly inviting. I really feel at home with the family. I am quickly learning Poulard, as the family is Peul (Fulani, I think, in English).
The family lives in Keur Massar, so I take a cara-pik (kind of like a Matatu/Dala Dala for people who have travelled in East Africa, or a 14-17 passenger minibus that gets quite full) everyday to work in Malika.
Some striking moments so far have included:
- Seeing the city dump located between Malika and Keur Massar. Garbage trucks from across Dakar deposit their waste here. Apparently the dump is 4 km in length. On our way home yesterday there was a huge fire in the dump. It appears the garbage is often burned. There are small plots of farmland where people grow vegetables adjacent to the dump.

- The food! The food here is amazing. For those of you who don’t know me I am a vegetarian, however when I arrived in Senegal I quickly realized that this would be impossible for the next three months. I am really enjoying eating the rice and fish dishes. The food has a lot of spice in it which I adore. We also had the opportunity while in Dakar to eat cuisine from different countries. We stumbled upon a Nigerian restaurant where no one spoke any French. Another day with the country director of CECI we ate Chinese. Lastly, we ate at a posh Ivoirian restaurant.

I hope everyone else’s internships are going well

Ha ngo ngol (à la prochaine en Peul),

Jesse