Archives - ‘Haïti’

Retour sur une expérience inoubliable

11 septembre 2018 | Raphaëlle, Maîtrise ès arts en mondialisation et développement international, Uniterra, Haïti, Organisation de gestion de la destination du nord d'Haïti, Conseillère en collecte d'information et en sondage

Mon arrivée en Haïti n’a pas été de tout repos. J’ai passé les premiers jours de mon mandat à Port-au-Prince, une ville qui peut sembler à première vue chaotique et un peu dangereuse. Les médias n’ont pas aidé à ma préparation avant le départ, car Haïti n’a pas une très bonne réputation à l’international. Étant moi-même intéressée par les enjeux de justice et de sécurité en Haïti dans le cadre de mes études, je suis partie avec un bagage d’idées que j’ai dû prendre quelques semaines à déconstruire. Eh oui, malgré toute ma préparation, mes lectures, mes discussions, et mon travail sur moi-même afin de partir avec le moins d’attentes possibles, je me suis installée dans mon siège d’avion, le 8 mai, avec un noeud dans l’estomac… pas super pour commencer un voyage de trois mois!

Au retour, j’adopte une toute nouvelle perspective sur le pays en général. C’est particulièrement grâce à mon mandat que j’ai pu découvrir un pays riche et vibrant. Au bureau régional du CECI, j’ai pu travailler pendant trois mois dans le secteur touristique. Le Nord d’Haïti possède une richesse et un potentiel touristique impressionnants. Chaque été au Cap-Haïtien, la deuxième ville en importance du pays qui est située dans le département du Nord accueille un nombre important de touristes nationaux et internationaux. Ceux-ci visitent tous les jours les sites historiques qui y sont situés. J’ai pu contribuer à ma manière, tout en m’immersant dans un secteur économique que je connaissais peu. Mon mandat m’a permis de sortir de ma coquille et a exigé que je fasse preuve d’entregent et d’initiative. J’ai su démontrer ces qualités tout au long de l’été, dans un environnement rempli de défis culturels, logistiques, économiques et de nombreux imprévus.

Mon mandat m’a aussi permis de découvrir à la fois les différents monuments, les plages et les sites de production traditionnelle, mais aussi de discuter avec la diaspora et les touristes nationaux afin de comprendre quelle était leur expérience touristique en Haïti. Moi-même visiteuse dans ce pays, j’ai pu en apprendre beaucoup sur la région du Nord et sur les réalités du tourisme en Haïti. Certes, c’est un pays parfois instable, mais la générosité des gens et l’accueil réservé aux touristes, l’expérience authentique et quelques fois un peu chaotique rend Haïti une destination particulièrement intéressante pour tout voyageur débrouillard.

Malgré des heures de préparation et de recherches, rien n’a été aussi formateur que de “sauter à l’eau” et d’apprendre à connaître un peuple et une culture en vivant l’immersion du terrain - une expérience inoubliable que je recommencerai à la première occasion.

A bit about my mandate

25 juillet 2018 | Constanza, Specialization - Psychology, Haïti, Uniterra, Organisation de Gestion de la Destination Nord d’Haïti, Conseillère dans la création de l'Association des Jeunes Artisants de Milot

We have passed the half way mark of the internship and it has gone by fast! I have been busy working with our partner organization and country team, that I never realized how quickly the days were passing. I have been working six days a week, since our partner organization (the association of young artisans) is mostly made up of students, we decided that Saturday was the best day to meet, so I have been officially working Saturdays! I honestly don’t mind, it is always a pleasure working with the young artisans, they have so much enthusiasm and drive to advance their association, which has passed onto my own motivation to continue to work hard and do well in my mandate.

As a counsellor for the association of young artisans, it requires me to be able to go from Cap-Haitian to the small city of Milot, which is about 45 minutes away. I have come to embrace the bus ride on the ‘tap-tap’, with the swerving, the sudden stops, the kompa music and encountering locals, recently however, I have been fortunate enough to get a ride with a cab driver, and we have become acquainted with one another throughout our 40 minute drives. Milot is known to be a popular city for tourists, it holds one of the many popular attractions in Haiti, the historical monuments of ‘la Citadelle’ and ‘le palais Sans-Souci’. For this reason, every time I arrive in Milot, I always get stopped in my tracks and asked if I need a tour guide or information on these sites. It feels overwhelming at times since some locals are very persistent however, as I continue to walk, I know that once I see the pink house on the street of artisans, which has become our meeting spot, I begin to feel at ease again. It is also a town where you will find many artisans, who produce and sell a variety of crafts from wood work to painting to sewing. The artisanal work you see, you can tell is made with technique and detail and you get to interact with the artist who created such work, an experience that I found very endearing and special. I knew I wanted to buy a traditional artisanal piece made in this beautiful town, so I decided to buy a traditional wooden mask made by an artisan named Benjamin.

Throughout my internship I have had the pleasure of going to Milot every week, and now that we have passed the mid-way point, I still feel like I have so much left to explore in this town. Luckily, these past couple of weeks I have been going more often to work with the association of young artisans, which has given me the opportunity to travel over this beautiful town. Throughout these busy weeks, I have been working alongside my CECI supervisors and the association, in trying to write a project proposal in order to acquire funding from the World Bank. There have been tough times throughout the process, while trying to balance the vision of the young artisans and trying to manage a certain budget, it was a matter of deciding what would be possible in the first phase of the project and what could be continued in a second phase in another project proposal. Even though there were differences, it amazes me that regardless of the strenuous moments endured, the young group maintained their motivation, and continued to focus on their objectives for this project. A valuable lesson that I will take home with me, knowing that working in a team will bring differences in opinions, but that it’s still important to continue to stay motivated and focused on the end goal, which in this case is submitting a completed project proposal.

The project proposal itself, which is almost completed, has also taught me some valuable insight on what goes into a planning a project, in this project specifically it has been a project on construction and restoration. It requires leveling the road and sidewalks, building mobile and permanent kiosks and restoring murals. All of which requires a knowledge of different types of materials, techniques and terminology in order to execute this project. To say the least, it has been a learning experience for me and my knowledge in project management has slightly increased, and it has become quite exciting once you get the hang of it. It is a bittersweet moment knowing that my time in Haiti has come down to a month, but I know that I will continue to enjoy the weeks ahead and I will cherish the moments with the association of young artisans and our country team.

Apprendre à s’adapter

5 juillet 2018 | Raphaëlle, Maîtrise ès arts en mondialisation et développement international, Uniterra, Haïti, Organisation de gestion de la destination du nord d'Haïti, Conseillère en collecte d'information et en sondage

Depuis longtemps, on nous inculque l’art de l’adaptation. C’est une qualité recherchée par les employeurs, c’est une pratique sociale qui nous permet de naviguer les obstacles et les défis, et de s’en tirer avec brio. Depuis mon arrivée en Haïti, « adaptation » a été un mot clé qui m’a permis de faire de mon stage une expérience positive et enrichissante. Voici donc un bref aperçu de ce qui attend tout coopérant volontaire en Haïti :

Le créole et le français. Haïti possède deux langues officielles. Chez mes partenaires, la langue de travail est souvent le français. Toutefois, le créole est la langue parlée dans la rue et dans les familles. Bien que similaire au français, il est au départ difficile à déchiffrer. Avant de quitter pour un stage en Haïti, il est judicieux de se familiariser avec la langue. Les Haïtiens sont fiers de leur culture et de leur langue. La plupart des interactions sociales en sont facilitées. L’adaptation à cette dualité linguistique a toutefois été facilitée par le fait que le français soit ma langue maternelle.

Le transport a aussi été un ajustement. D’une part, les transports en commun sont les plus abordables. Posséder une voiture n’est pas accessible à tous. Je suis chanceuse! Le Cap est une des rares villes en Haïti où un transport « formel » existe : les taxis motos et les taxis machines sont similaires aux taxis qu’on retrouve au Canada. Ils ne possèdent toutefois pas de compteurs, les prix sont donc établis selon le trajet et doivent être négociés. D’autre part, le centre-ville est organisé en quadrillé : horizontalement, les rues sont identifiées par des lettres (A, B, C, etc.) et à la verticale, les rues sont identifiées par des chiffres (1, 2, 3, etc.). Il m’a fallu quelques jours avant de bien comprendre comment les lettres et les numéros s’organisent.

Dès le premier jour, il a également fallu s’habituer à l’argent. Il existe plusieurs « formes » de monnaies utilisées en Haïti. Malgré la loi récente obligeant les commerces à utiliser la gourde, la monnaie nationale, de nombreux vendeurs utilisent toujours le dollar américain. Il existe aussi un concept, le « dollar haïtien » : il s’agit réellement de gourdes, mais le prix est indiqué en dollar. Pour en calculer le coût réel, il suffit de multiplier par cinq (1 dollar haïtien égal 5 gourdes). Cela a mené à de nombreuses erreurs et hésitations de ma part, quand vient le temps de négocier.

La météo a également nécessité de l’adaptation. Travailler dans une chaleur et une humidité étouffante ne relève pas de mes habitudes. Les journées débutent tôt et nous devons rapidement composer avec le soleil, les bruits environnants, l’accès imprévisible à l’électricité et l’accès à l’internet. La relative sécheresse qui persiste cet été n’a d’ailleurs pas aidé certains de nos partenaires, qui ont perdu des récoltes. À l’inverse, la pluie peut également limiter nos déplacements et rend les transports plus dispendieux.

Ce qui a sans doute été le plus grand défi d’adaptation a été la gestion de tous les petits imprévus du quotidien. Par exemple, la prise de rendez-vous en fonction des calendriers religieux, culturels et sportifs, ou encore, les difficiles communications interculturelles. D’une part, il peut être stressant ou difficile de devoir s’intégrer dans une nouvelle équipe composée de personnes diversifiées en âge, en nationalités, en expériences et en intérêts. D’autre part, il m’a fallu beaucoup de temps pour connaître les différents projets du CECI dans le Nord, connaître les différents partenaires et leurs habitudes de travail, tisser des liens et établir des relations de confiance avec mes collègues nationaux. L’équipe d’Uniterra et du CECI a toutefois été accueillante et généreuse en m’intégrant rapidement à leurs activités professionnelles et sociales. Je me considère choyée de pouvoir apprendre d’une équipe aussi variée en expériences et en connaissances.

Mon expérience de stage se déroule donc bien, malgré une période d’ajustement importante. Haïti est un pays riche et très intéressant. Avoir l’occasion d’apprendre dans ce contexte me permet de pousser mes réflexions plus loin, et d’apprendre à surmonter les petits défis du quotidien! Les tâches simples qui paraissaient insurmontables au cours des premières semaines sont devenues, petit à petit, banales.

Travailler à l’international requiert beaucoup de qualités, et la capacité à s’adapter en fait définitivement partie. Apprendre à faire face à autant de nouveauté, aussi rapidement, peut paraître intimidant. Après quelques semaines ici, je peux dire que c’est d’abord et avant tout, une étape enrichissante. L’important est de garder l’esprit ouvert!

One Month Mark!

5 juillet 2018 | Constanza, Specialization - Psychology, Haïti, Uniterra, Organisation de Gestion de la Destination Nord d’Haïti, Conseillère dans la création de l'Association des Jeunes Artisants de Milot

Hitting the one month mark in my internship in Haiti, I have had the chance to observe, participate and act upon what it means to be a student abroad. When I first arrived, it was a busy first couple of days in Port-au-Prince, we were located in a very nice hotel called La Lorraine, and our days were filled with introductory trainings given by the Uniterra-CECI country team. They were very welcoming and enthusiastic that we had chosen to work in Haiti. In the beginning, there were multiple orientations given that included an introduction of the organization, followed by Uniterra’s overall mandate and then an introduction to Haiti. I must admit, the first week was overwhelming, arriving in a new country and trying to absorb cultural differences, while registering new information, there were plenty things being processed. Then we flew out to the northern department of Haiti, called Cap-Haitian, where we would meet our field team. This was another big warm welcome and a fast-paced transition. It was great to get another perspective on Haiti, going from the capital to a smaller city that was full of color, historical monuments and beautiful landscapes. This was where we would be staying for the next three months.

I decided to do my internship in French, because all throughout my education I did it in French immersion schools and continued my degree in French at the University of Ottawa. I wanted to further apply my oral and written skills by completely immersing myself in a French speaking country, who also have Creole as an official language. Seeing that I would be doing my internship in French, I was excited to challenge myself and work for three months in my second language. Like any new beginnings, it was an adjustment getting used to the continuity of French, it varied because usually in school, you have various lectures in French, you interact with a couple of friends in French, but eventually you finish off using English as the dominant language. However, in Haiti, it was the complete opposite, I had to make an immediate adjustment in order to keep up. There was also Creole being spoken, and sometimes it would be hard to communicate with others. Despite that, with time you start to realize that the majority of Creole words are similar to French words, and with time, I have gotten used to the language and have even learnt some common phrases. In the field, it has been great working with the Canadian NGO, Uniterra-CECI and the local NGO, OGDNH (organization de gestation touristique du Nord-Haiti), they have given me plenty of resources that would be useful, and have helped me adjust to speaking French. They have been a big aid in my mandate by providing good local resources and bridging the language barrier between French and Creole, when working with the association of young artisans of Milot. My country team from Uniterra-CECI, have also been a big resource in terms of answering questions about my mandate, or any other concerns I may have, and they have also helped me manage my way through certain words that I might not understand in Creole and French.

So far, I have learnt how to navigate on my own through public transportation from city to city, I have learnt to better communicate with my co-workers, the local organization and locals in the community. I am currently writing a proposal for the association of the young artisans of Milot, in order to acquire finance for their project they have envisioned. Overall, it has been a big learning curve, by adjusting and working full-time it can become overwhelming and sometimes isolating, it has been important for me and for others who decide to do an internship, to not be afraid to feel this way, but to acknowledge it and to find ways that bring you comfort and learning how to adapt in new situations. Utilize the country team, they understand your position and are there to help.

For me, it has been important to really leave myself some down time at the end of the day, since speaking French all day takes up my energy, since processing it and then producing documents can be lengthy, especially when trying not to make grammatical errors. But it’s also important to enjoy spending time with co-workers, either after work to grab a drink or on the weekends, they have been my doorway into how to do certain things in the city and how to make it worthwhile. It’s also been great to have weekends off, because it gives me the opportunity to take trips to peaceful sites, visit historical monuments, hang out at local restaurants, visit the beaches etc. It allows me to live within the Haitian culture, by talking to locals, trying new foods, getting acquainted with the norms of the city, it is my way in trying to fully adjust within my new environment. All to say that with this learning curve, I hope to continue growing within my mandate here in Haiti.

The one month mark

8 juin 2018 | Constanza, Specialization - Psychology, Haïti, Uniterra, Organisation de Gestion de la Destination Nord d’Haïti, Conseillère dans la création de l'Association des Jeunes Artisants de Milot

Hitting the one month mark in my internship in Haiti, I have had the chance to observe, participate and act upon what it means to be a student abroad. When I first arrived, it was a busy first couple of days in Port-au-Prince, we were located in a very nice hotel called La Lorraine, and our days were filled with introductory trainings given by the Uniterra-CECI country team. They were very welcoming and enthusiastic that we had chosen to work in Haiti. In the beginning, there were multiple orientations given that included an introduction of the organization, followed by Uniterra’s overall mandate and then an introduction to Haiti. I must admit, the first week was overwhelming, arriving in a new country and trying to absorb cultural differences, while registering new information, there were plenty things being processed. Then we flew out to the northern department of Haiti, called Cap-Haitian, where we would meet our field team. This was another big warm welcome and a fast-paced transition. It was great to get another perspective on Haiti, going from the capital to a smaller city that was full of color, historical monuments and beautiful landscapes. This was where we would be staying for the next three months.

I decided to do my internship in French, because all throughout my education I did it in French immersion schools and continued my degree in French at the University of Ottawa. I wanted to further apply my oral and written skills by completely immersing myself in a French speaking country, who also have Creole as an official language. Seeing that I would be doing my internship in French, I was excited to challenge myself and work for three months in my second language. Like any new beginnings, it was an adjustment getting used to the continuity of French, it varied because usually in school, you have various lectures in French, you interact with a couple of friends in French, but eventually you finish off using English as the dominant language.

However, in Haiti, it was the complete opposite, I had to make an immediate adjustment in order to keep up. There was also Creole being spoken, and sometimes it would be hard to communicate with others. Despite that, with time you start to realize that the majority of Creole words are similar to French words, and with time, I have gotten used to the language and have even learnt some common phrases. In the field, it has been great working with the Canadian NGO, Uniterra-CECI and the local NGO, OGDNH (organization de gestation touristique du Nord-Haiti), they have given me plenty of resources that would be useful, and have helped me adjust to speaking French. They have been a big aid in my mandate by providing good local resources and bridging the language barrier between French and Creole, when working with the association of young artisans of Milot. My country team from Uniterra-CECI, have also been a big resource in terms of answering questions about my mandate, or any other concerns I may have, and they have also helped me manage my way through certain words that I might not understand in Creole and French.

So far, I have learnt how to navigate on my own through public transportation from city to city, I have learnt to better communicate with my co-workers, the local organization and locals in the community. I am currently writing a proposal for the association of the young artisans of Milot, in order to acquire finance for their project they have envisioned. Overall, it has been a big learning curve, by adjusting and working full-time it can become overwhelming and sometimes isolating, it has been important for me and for others who decide to do an internship, to not be afraid to feel this way, but to acknowledge it and to find ways that bring you comfort and learning how to adapt in new situations. Utilize the country team, they understand your position and are there to help.

For me, it has been important to really leave myself some down time at the end of the day, since speaking French all day takes up my energy, since processing it and then producing documents can be lengthy, especially when trying not to make grammatical errors. But it’s also important to enjoy spending time with co-workers, either after work to grab a drink or on the weekends, they have been my doorway into how to do certain things in the city and how to make it worthwhile. It’s also been great to have weekends off, because it gives me the opportunity to take trips to peaceful sites, visit historical monuments, hang out at local restaurants, visit the beaches etc. It allows me to live within the Haitian culture, by talking to locals, trying new foods, getting acquainted with the norms of the city, it is my way in trying to fully adjust within my new environment. All to say that with this learning curve, I hope to continue growing within my mandate here in Haiti.

Si familier, si différent

21 février 2018 | Mely, DVM, Haïti, Uniterra - Organisation de gestion et de destination Nord ET Association des jeunes artisans de Milot (AJAM) - Conseiller en appui juridique et règlementaire

Cela fait déjà plus de 5 semaines que je suis en Haïti et je peux enfin dire que je suis installée ! Je suis arrivée au pays bien préparé (du moins, c’est ce que je pensais !). Étant au Canada, à partir de la description du poste, des témoignages des anciens stagiaires, des recherches que j’avais faites…j’avais une idée bien précise de ce que pouvait être mon stage. Mais voilà que j’arrive sur mon lieu d’affectation, on m’apprend que mon mandat avait été modifié. Très rapidement, j’ai pris conscience de cette réalité qui frappe une fois sur le terrain. En Haïti, il y a plusieurs projets en cours, mais pas suffisamment de volontaires pour les mettre en exécution… Bien souvent, les volontaires sont appelés à faire plus que ce qui est inscrit dans les tâches initiales, car on doit d’abord et avant tout répondre aux besoins de la population locale. Dans l’enthousiasme, j’avais oublié la possibilité que mon mandat initial pouvait être modifié. J’ai donc dû faire preuve de flexibilité et m’adapter assez rapidement.

Jusqu’à présent, je peux affirmer que ce stage et mon nouveau mandat dépassent de loin mes attentes ! Actuellement, j’ai la chance de travailler non seulement en partenariat avec l’Organisation de gestion et de destination Nord Haïti (OGDNH) qui se situe dans la ville du Cap-Haïtien, mais j’ai également la chance de travailler à l’extérieur de la ville avec l’Association des jeunes artisans de Milot (AJAM). Ce qui me donne la possibilité de découvrir deux réalités complètement différentes (la réalité de la ville et celle des villages). De plus, la solidarité entre volontaires est d’autant plus importante, de ce fait, dans le cadre de mon travail, j’ai la chance également d’accompagner et de soutenir mes collègues dans leurs tâches. Par exemple, j’ai eu l’occasion de visiter une coopérative Agricole Caféière à Dondon ce qui m’a permis d’avoir une plus grande compréhension des actions menées par CECI-Uniterra, mais aussi d’échanger et de partager avec la population locale. Sans oublier la découverte d’un paysage magnifique !

En bref, le dernier mois a été pour moi une question d’adaptation autant au niveau professionnel qu’au niveau personnel, mais aussi une question de réapprentissage. C’est un sentiment assez étrange que d’êtres dans un pays qui nous est si familier, mais si différent à la fois ! Étant dans le nord du pays, je découvre une culture si riche et si distincte. Je découvre l’histoire d’un pays qui m’a vu naitre, mais qui m’était inconnue. Je redécouvre ces gens dotés d’une force de résilience qui ne peut que m’inspirer et me pousser à toujours donner le meilleur de moi autant au niveau professionnel, qu’au niveau personnel !

Voir plus grand que soi

31 octobre 2017 | Charles-Antoine, DVM/DRC, Haïti, Uniterra - Organisation de gestion et de destination Nord - Conseiller en gestion d'un site touristique

Cela fait maintenant deux mois que je travaille en Haïti. La chaleur est parfois étouffante. Surtout lorsqu’on est un Canadien qui connait l’été seulement un quart de l’année! Cependant, la vie quotidienne est belle et stimulante.

J’ai passé la première moitié de mon mandat dans un bureau. J’étais coupé de la réalité pratique de la vie en Haïti. J’étais devant mon ordinateur à faire des recherches et des rapports. Le travail dans le domaine du développement n’est pas toujours comme on le pense. On ne part pas sauver la veuve et l’orphelin dans une situation de catastrophe. En réalité, ça relèverait du domaine de l’humanitaire. On n’est pas non plus en permanence sur le terrain en train de construire des écoles et des hôpitaux. Travailler en développement international est un mixte d’une multitude d’éléments complexes et interdépendants. Il y a de la paperasse administrative à faire et des rapports à rédiger. Ça peut paraitre comme un fardeau bureaucratique qui freine la productivité et l’efficacité des projets. Cependant, il ne faut pas oublier que le développement international est souvent financé par de l’argent public. Il est nécessaire d’avoir une structure administrative qui rend des comptes sur les dépenses et les résultats obtenus. Une saine gestion et de la transparence sont des éléments clés pour obtenir une légitimité.

De plus, les projets de développement international sont souvent d’une envergure qui dépasse notre lieu d’affectation. Par exemple, juste en Haïti, il y a trois projets dans trois régions différentes qui sont tous coordonnés par le même organisme. Une administration efficace est essentielle à une coordination proactive. De ce fait, même si la lourdeur administrative semble freiner l’avancement des projets, c’est tout le contraire qui se produit. Les projets ont des impacts réels et à long terme et avancent d’un pas lent, mais certain. Lors de la reconstruction d’Haïti, après le tristement connue tremblement de terre, une des critiques récurrentes qui a été porté à l’encontre des organisations internationales était le manque de coordination entre les projets de ces organismes. Chaque organisme faisait son projet dans son coin et le résultat fut que, malgré les montants astronomiques investis, les projets n’ont pas été à la hauteur des attentes.

De ce fait, je pense que même si la première moitié de mon mandat n’a pas été aussi scénique que l’image mentale que je m’étais faite, l’importance du travail accompli a pris tout son sens lorsque j’ai commencé à travailler sur le terrain et que j’ai remarqué la fluidité de l’avancement grâce à ma préparation.

L’environnement comme frein au développement

12 octobre 2017 | Charles-Antoine, DVM/DRC, Haïti, Uniterra - Organisation de gestion et de destination Nord - Conseiller en gestion d'un site touristique

Haïti est un si beau pays et ses habitants sont un peuple fier avec raisons. Ses plages sont magnifiques, les montagnes qui recouvrent son territoire sont majestueuses et sa flore est époustouflante. Je suis en Haïti, dans le cadre de ce stage depuis plus d’un mois. Ce n’est pas la première fois que je m’aventure dans cette sublime contrée, mais je suis toujours aussi époustouflé comme si c’était ma première fois.

Je suis tombé en amour avec ce pays, cependant il y a évidemment certains éléments qui me brisent le cœur.

Un des éléments qui me chagrine le plus est la situation environnementale en Haïti. Ce si beau pays a subi de nombreuses catastrophes naturelles comme des tremblements de terre et des ouragans ayant causé de grandes pertes humaines. Aussi, ce pays a subi des catastrophes environnementales n’ayant pas comme cause la nature, mais bien le fait humain. Je parle en autre, de la déforestation.

Les diverses études sur le sujet ne sont pas unanimes sur le pourcentage de la forêt haïtienne qui a été décimée. Certains disent 40 % et d’autre 80 %. La réalité est que le chiffre importe peu, car ce sont les conséquences qui sont critiques. La déforestation a de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne des habitants. Par exemple, lorsqu’il pleut les villes, les villages et les routes sont souvent très rapidement inondés. Cela s’explique par le fait que la forêt a comme fonction d’absorber l’eau qui coule en amont d’une montagne pour limiter la quantité qui se rend jusqu’en aval, où se trouvent majoritairement les agglomérations humaines.

Malheureusement, la solution à ce problème n’est pas simple et facile. Il n’est pas possible de faire repousser des arbres en peu de temps. De toute façon, les terres où se trouvaient ses forêts sont maintenant habitées ou utilisées d’une quelconque manière. D’une autre part, le gouvernement haïtien a pris certaines mesures au niveau de son organe législatif pour mettre en œuvre des lois pour restreindre la déforestation et créer des zones protégées. C’est un pas dans la bonne direction, cependant c’est peut-être trop peu, trop tard.

C’est dans des cas comme celui-ci qu’on réalise toute l’importance qu’a l’environnement dans le monde. L’humanité a peut-être pensé être évoluée et développée à un point tel qu’il pensait dominer la nature, mais lorsqu’on porte un regard attentif à la situation, ce n’est pas du tout le cas. L’environnement est devenu une priorité à l’international depuis récemment, mais encore une fois c’est trop peu et trop tard. Des dommages irréparables ont été causés et nous sommes dans une situation de limitation des dégâts. Malgré tout, je reste optimiste sur la capacité d’Haïti de trouver une solution à ce problème. Ce pays est rempli d’une population résiliente et pleine de bonne volonté.

AYITI CHERIE

27 juillet 2017 | Maxine, DVM + mineure en ADM, Haïti, Uniterra, CCI d'Haïti, Conseillère en gestion des déchêts

J’ai passé un merveilleux 3 mois en Haïti. Ce stage a été ma première expérience de travail sur le terrain me permettant de découvrir les réalités du milieu professionnel dans un pays en développement.
Ce que j’ai trouvé de plus valorisant est que mon temps ici m’a permis de concilier quelques notions que j’ai appris dans mon programme de développement international avec des expériences pratiques.

Tout d’abord, je n’avais que quelques idées générales de la culture Haïtienne, surtout basé sur les informations télévisées et les images diffusées sur Internet ne représentant pas de manière complète l’image d’un pays. Ainsi, un stage à l’international est une très bonne opportunité pour en apprendre davantage sur un pays, briser les stéréotypes perçus de l’extérieur et connaitre les différents points de vue des populations locales tout en acquérant une formation professionnelle essentielle pour le monde du travail. En effet, il devient difficile pour les jeunes de trouver de l’emploi car les entreprises demandent de plus en plus que les étudiants aient eu des expériences de travail au préalable. Si vous avez la chance de faire ce genre de stage, je le recommande fortement puisqu’à mon avis il représente un atout important à présenter aux futurs employeurs.

En ce qui a trait au monde professionnel, j’ai gagné des compétences fondamentales dans le domaine du partenariat, entre autre. J’ai aiguisé mes compétences en réseautage, appris à créer des liens avec des professionnels et rédiger des demandes officielles de partenariats entre organisations. J’ai aussi approfondies mes connaissances en recherche-terrain, que je n’avais que parcourus en survol dans certains cours de développement international à l’université. C’était donc très valorisant de mettre ce que j’ai appris en pratique.

Ce stage m’a aussi permis de grandir sur le plan personnel, me permettant de mettre en œuvre mes capacités de débrouillardise et d’autonomie ainsi que de gérer mes réactions faces aux situations imprévues et les quelques difficultés dont j’ai d û faire face. Ceci étant dit, j’ai eu le soutien nécessaire de la part de mes collègues qui m’ont encadré tout au long de mon mandat. De plus, j’ai eu la chance d’agrandir mon réseau social, de rencontrer des personnes extraordinaires qui m’ont accueilli très chaleureusement et ont rendu ces 3 mois encore plus agréable. Qui aurait cru que des amitiés si proches pouvaient être crées en si peu de temps ?
Hélas, c’est avec tristesse que je quitte Haïti mais je ramène avec moi de multiples histoires que j’ai hâte de raconter à mes amis, ainsi qu’avec de futurs étudiants qui envisagent de faire un stage international. Je suis contente d’avoir pu en connaitre plus sur le domaine du développement et d’avoir eu l’opportunité de voir comment fonctionne les dynamiques de travail dans une organisation canadienne de coopération internationale, qui m’aidera à orienter ma carrière future.