On est tous ensemble

June 8, 2018 | Daphnée, Études des conflits et droits humains, Sénégal, Uniterra, Union des Radios Associatives et Communautaires (URAC), Conseillère en journalisme et communication

Lorsqu’on remercie un Sénégalais, très souvent on reçoit gno far comme réponse. J’ai d’abord cru que cela voulait tout bonnement dire « bienvenue » ou encore « ça me fait plaisir ». Intriguée, j’ai demandé à un ami ici ce que ça signifiait. Il m’a avisé que la traduction exacte de gno far est « on est ensemble ». Pour moi, c’est deux mots décrivent bien mes impressions après mon premier mois à Dakar.

L’une des premières spécificités que j’ai constatées au Sénégal est l’importance du contact humain, l’esprit de communauté. À Dakar, la capitale, il est inconcevable d’aborder quelqu’un sans d’abord le saluer, lui demander comment il va et comment se déroule la journée. Rien à voir avec le Canada où je ne connais pas le nom de mon voisin et où je saluerais encore moins un inconnu sur la rue. Ici, on prend un moment, on s’arrête et on demande à la personne comment elle va. Parfois, les salutations peuvent durer un long 5 minutes lesquels nous avons baptisés à la blague le « salut éternel ». Ici, on ne connait pas l’empressement. On fait le bien-être de l’autre son affaire. Le concept de bulle personnel est flou, voire inexistant, au Sénégal. Les gens arrivent à l’improviste à la maison et les invitations affluent si bien que le temps en solitaire est plutôt rare. Si certains peuvent trouver cela agressant, je trouve à l’inverse que cela offre un vent de fraicheur comparativement au Canada où les personnes sont généralement cloisonnées dans leurs engagements et obligations.

Les Sénégalais sont reconnus pour leur vivre ensemble, leur bon vivant et leur hospitalité. Fidèles à leur réputation, c’est dans ce même environnement que j’ai été reçu. Ici, les rassemblements ont tous un point commun : la nourriture. Il est très fréquent d’être invité à partager un même plat avec des amis, voire parfois même, des étrangers en pleine rue. Depuis notre arrivée, les invitations pour des repas aussi copieux les uns que les autres se sont multipliées au grand désespoir de mon tour de taille. Des amis d’amis nous accueillent comme si on était déjà des membres de la famille. Tous nous ont offert leur hospitalité, mais aussi leur aide en cas de besoin.

En quelques semaines, les Sénégalais m’ont appris ce que signifiait être ensemble et pour cette unique raison, je leur suis reconnaissante et je peux affirmer n’avoir aucun regret d’avoir osé quitter mon confort canadien pour découvrir leur beau pays.

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