Voir plus grand que soi

October 31, 2017 | Charles-Antoine, DVM/DRC, Haïti, Uniterra - Organisation de gestion et de destination Nord - Conseiller en gestion d'un site touristique

Cela fait maintenant deux mois que je travaille en Haïti. La chaleur est parfois étouffante. Surtout lorsqu’on est un Canadien qui connait l’été seulement un quart de l’année! Cependant, la vie quotidienne est belle et stimulante.

J’ai passé la première moitié de mon mandat dans un bureau. J’étais coupé de la réalité pratique de la vie en Haïti. J’étais devant mon ordinateur à faire des recherches et des rapports. Le travail dans le domaine du développement n’est pas toujours comme on le pense. On ne part pas sauver la veuve et l’orphelin dans une situation de catastrophe. En réalité, ça relèverait du domaine de l’humanitaire. On n’est pas non plus en permanence sur le terrain en train de construire des écoles et des hôpitaux. Travailler en développement international est un mixte d’une multitude d’éléments complexes et interdépendants. Il y a de la paperasse administrative à faire et des rapports à rédiger. Ça peut paraitre comme un fardeau bureaucratique qui freine la productivité et l’efficacité des projets. Cependant, il ne faut pas oublier que le développement international est souvent financé par de l’argent public. Il est nécessaire d’avoir une structure administrative qui rend des comptes sur les dépenses et les résultats obtenus. Une saine gestion et de la transparence sont des éléments clés pour obtenir une légitimité.

De plus, les projets de développement international sont souvent d’une envergure qui dépasse notre lieu d’affectation. Par exemple, juste en Haïti, il y a trois projets dans trois régions différentes qui sont tous coordonnés par le même organisme. Une administration efficace est essentielle à une coordination proactive. De ce fait, même si la lourdeur administrative semble freiner l’avancement des projets, c’est tout le contraire qui se produit. Les projets ont des impacts réels et à long terme et avancent d’un pas lent, mais certain. Lors de la reconstruction d’Haïti, après le tristement connue tremblement de terre, une des critiques récurrentes qui a été porté à l’encontre des organisations internationales était le manque de coordination entre les projets de ces organismes. Chaque organisme faisait son projet dans son coin et le résultat fut que, malgré les montants astronomiques investis, les projets n’ont pas été à la hauteur des attentes.

De ce fait, je pense que même si la première moitié de mon mandat n’a pas été aussi scénique que l’image mentale que je m’étais faite, l’importance du travail accompli a pris tout son sens lorsque j’ai commencé à travailler sur le terrain et que j’ai remarqué la fluidité de l’avancement grâce à ma préparation.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.