Deux mois plus tard…

July 31, 2017 | Toufic, DVM, Uniterra, Vietnam - DTU, Communications and Public Relations Officer

Cela fait maintenant deux mois que je suis arrivé au Vietnam. Lorsque nous imaginons le pays, nous pensons directement à Hanoï et Ho Chi Minh Ville, connues pour leurs embouteillages monstres et leur fort achalandage. À Da Nang, dans cette petite ville du centre du pays, la vie est différente.

Il y a environ 20 ans, cette ville était séparée par une rivière sans aucun accès entre les deux côtés. C’est en 1998 que le premier pont (Song Han) est construit afin de relier les deux territoires et à partir de ce moment, Da Nang a commencé à connaître un boom économique, d’autres ponts ont été construits, le populaire d’entre eux étant le Pont du Dragon (Cầu Rồng), symbole de l’ouverture sur le monde de la ville de Da Nang.

Depuis quelques années, cette ville est en développement exponentiel et le secteur touristique bat son plein et rentre dans le cadre la stratégie de son développement. La ville est parsemée d’hôtels en tout genre et de restaurants aux spécialités du monde entier. Les projets de construction sont par centaines et provoquent ce contraste propre aux pays en développement. Aujourd’hui, nous retrouvons une ville qui est devenue un hub économique où l’on voit émerger plusieurs start-ups ainsi que d’autres projets et qui accueille des touristes venant des quatre coins du monde.

Fraichement arrivé du Canada, avec une longue escale à Hong Kong durant laquelle nous en avons profité pour visiter la plus grande statue de Bouddha, j’ai tout de suite eu cette fameuse « première impression ». Non pas quelque chose de nouveau, mais comme un semblant de déjà-vu, ce que j’appelle le « Joyeux Bordel » des pays en développement. En effet, ce mélange d’odeurs de poisson, de nourriture sur le feu et de pollution renforcées par la chaleur accablante et l’humidité fait partie du quotidien des citadins.

En journée, le soleil est si fort que les rues sont pratiquement vides et se remplissent momentanément le matin et à midi. Ce n’est qu’au coucher du soleil que les rues se bondent et que Da Nang prend vie. Les hommes et les femmes se retrouvent en terrasse à siroter leur succulent café vietnamien, au restaurant à partager un large plat de fruit de mer et poissons ainsi qu’au bord de la plage afin de profiter des bains nocturnes. La population locale rentre chez elle assez tôt. Autour de 20 heures, les familles se retrouvent ensemble au-devant de leur domicile à discuter et voir leurs enfants s’amuser. Quant aux expatriés, c’est à ce moment qu’ils décident de sortir et profiter de la vie nocturne. Les endroits fréquentés sont souvent les mêmes et deviennent donc des points stratégiques de rassemblement avant de décider de l’activité de la soirée. En semaine, c’est plutôt classique : Bar au bord de la plage, billard et bières. Le week-end est une tout autre histoire, les bars se remplissent et la débauche règne, autant pour les jeunes étrangers que vietnamiens. L’alcool coule à flots et la musique se fait entendre à des centaines de mètres. Les rues du centre-ville se bondent et les vendeurs ambulants sont fortement sollicités. Ce n’est qu’aux petites heures du matin que la soirée se termine et que les rues Da Nang retrouvent leur calme habituel.

En parlant de rues, avez-vous déjà joué à GTA? Si oui, figurez-vous que vos heures passées à conduire en faisant ce que bon vous semble et en entravant le code de la route vous servira ici. Il n’y a pratiquement aucune règle, peu de feux de circulation et le scooter est le moyen de transport le plus utilisé, car le moins cher. Le klaxon, si mal perçu dans nos villes, est le principal moyen de communication sur la route. Ce dernier, qui, durant les premiers jours, vous cassera les oreilles, deviendra peu à peu une douce mélodie qui vous réveillera lorsque votre alarme n’y parviendra pas. Ici, le mot d’ordre est « désordre » ! Tentez de vous frayer un chemin et surtout, ne soyez pas hésitants. Les camions et voitures avanceront sans pitié tandis que vous serez en train de zigzaguer entre les autres véhicules. Il faut donc garder son calme et ne pas céder à la panique, c’est le meilleur moyen d’éviter un accident.

L’un des avantages d’habiter au Vietnam en tant qu’étranger est le faible coût de la vie. En effet, en connaissant les places locales où manger et en sachant négocier le prix de vos articles au marché, vous pouvez vous en tirer pour moins de 5 $ par jour. Que dire de la nourriture si ce n’est qu’elle est succulente. Plusieurs restaurants locaux n’offrent pas de menus mais un plat diffère chaque jour et ce pour environ 1 $. Certes, l’hygiène peut laisser à désirer mais votre estomac n’en souffrira pas pour autant. Durant mes premiers jours, je mangeais exclusivement dans des restaurants offrant des menus afin d’être sur du prix et d’une meilleure salubrité des aliments. Cependant, en prenant mon courage à deux mains, j’ai décidé de goûter aux vendeurs de rues, aux spécialités locales et depuis, c’est chez eux que je trouve mon bonheur culinaire. Même si les commerçants ne parlent pas forcément l’anglais, l’argent est roi au Vietnam. Le prix est toujours sujet à négociation lorsqu’il n’est pas affiché. Le meilleur conseil est de partir une première fois avec une personne locale, et connaître le prix. Dès lors, vous pourrez revenir et payer le même prix et même tenter, dans la mesure du possible, de converser avec les personnes qui vous servent. Utilisez votre téléphone pour traduire et le tour est joué !

Concernant mon expérience professionnelle, je pense que, avec les ressources disponibles, j’ai tout de même pu délivrer des résultats positifs. Je m’explique, mon partenaire local m’a accueillie comme étant le premier stagiaire international. N’ayant aucune expérience dans ce genre de processus, il était de mon devoir de les éclairer quant à mon rôle au sein de leur faculté. En effet, j’ai dû discuter longuement avec le doyen de la faculté afin d’arriver à un accord quant aux tâches à faire. Lorsque lui voyait en moi un expert en communication qui allait faire tout le travail, je me devais de lui expliquer qu’au sein de l’ONG, notre rôle est le renforcement de capacités. Cela passe par de la collaboration et des séminaires en communication. De plus, étant donnée la période estivale, le personnel était très occupé par les examens de fin d’année puis les vacances d’été. J’ai eu la chance de travailler avec le personnel que très rarement en raison de cela. J’ai tout de même pu organiser deux séminaires en communication et j’ai aussi émis des recommandations quant à la stratégie de communication de la faculté. En bref, cette expérience m’a montré, une fois de plus, que la pratique est très différente de la théorie. Rien n’est acquis, tout est sujet au changement, et la flexibilité est une qualité essentielle à avoir.

En bref, au-delà de mon expérience professionnelle, je pense sincèrement que ce stage était une expérience personnelle très positive. La vie loin de sa zone de confort peut s’avérer rude au départ. Cependant, après quelques temps et avec un peu d’ouverture d’esprit, cette zone de confort se transforme peu à peu pour devenir une deuxième maison et le retour au pays devient très dur à accepter.

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