La fin du stage approche dangeureusement…

March 21, 2012 | Léa, CRM, Association Solidarité et Entraide mutuelle au Sahel, WUSC, Burkina Faso

Bonjour à tous!

La fin de mon stage approche à grand pas. Il a passé à une vitesse folle. J’ai l’impression que c’est hier que je mettais un pied au Burkina Faso pour la première fois. Ils avaient raison, 3 mois c’est court. J’essaie tranquillement de faire l’inventaire de tout ce que j’ai pu apprendre ici.

 

La tâche se révèle être beaucoup plus ardue que je ne l’aurais d’abord cru. J’ai donc décidé de commencer par l’inverse. C’est-à-dire ce que moi j’ai bien pu apprendre aux gens d’ici durant mon stage. C’est en effet beaucoup plus facile. Puisque ce que j’ai apporté se trouve à être des connaissances pratiques et tangibles. Durant mon stage j’ai donné des formations, crée des documents de références, produit des maquettes, élaborer des nouveaux outils, j’ai agi à titre de conseillère, j’ai tenté de leur montré d’autres manières de procédé, etc. J’ai aussi réussi à faire de la Poutine et de la faire goûter à mes connaissances ici. Je leur ai aussi fait découvrir le Canada à travers quelques photos que j’avais et plusieurs petites anecdotes ici et là. Je me suis rendue compte à quel point le Canada est idolâtré par les gens d’ici. Pour eux, le Canada est une sorte de paradis où la vie est meilleure. Je me suis alors mise à penser à ça. Et sincèrement, j’ai eu de la difficulté à déterminé lequel des 2 pays était meilleur. Les 2 ont des côtés positifs et négatifs. Je me suis mise à penser qu’un mélange des deux pays serait parfait.

 

Cependant, ce qui fait la beauté de toutes choses ou ce qui les rends uniques c’est leurs bons ET mauvais côtés. Je ne peux donc pas dire lequel je préfère. Je crois que 6 mois au Canada et 6 mois au Burkina, me plairait bien!

 

Ce voyage m’a tellement apporté. Comme j’ai dit un peu plus haut, j’ai aussi apporté une contribution au réseau pour lequel je travaillais, mais ce n’est nullement comparable à tout ce que j’ai pu apprendre ici. Le mode de vie ici est simplifié. Je me souviens qu’à mon arrivé au Burkina, lorsque je revenais à la maison je parlais un peu avec la famille où je logeais, puis je me rivais à mon ordinateur pour garder le contact avec mes amis au Canada. Plus les semaines avançaient, plus je délaissais mon ordinateur pour me concentrer sur la vie social d’ici. Puis, sans que j’en aie conscience, les soirs et les week-ends je n’utilisais tout simplement plus mon ordinateur et j’en profitais pour voyager et tourner en ville avec mes amis d’ici. J’ai commencé à adopter les mêmes habitudes que les gens d’ici.

 

 

Je me demande sérieusement ce que je vais faire au Canada avec toutes ces habitudes. Par exemple, à 14h tous se rassemblent devant la télévision et écoutent la série qui passe. Au départ, je trouvais le jeu d’acteurs mauvais, la traduction pénible, puis tranquillement je suis devenue accro. Pas tant à la série, mais plutôt au moment que tous passent ensemble. Il n’est pas rare que 30 minutes après la fin de l’émission qu’on en discute encore. On en parle, comme si la série était réelle! J’ai aussi pris l’habitude après le travail de m’asseoir dans la cour ou dans la rue avec ma ‘’famille’’ et de discuter avec voisins et amis. Dans la rue, les gens me reconnaissent et me salut et je fais de même avec eux.

 

J’ai commencé à apprendre le Moré et à ponctuer mes phrases d’expressions Moré. Lorsque je vais au marché pour acheter de la salade, cela peut me prendre facilement 1h. Puisque aller acheter de la salade au marché, c’est tout un évènement social! Je rigole un peu, mais c’est quand même vrai. Je parle avec les dames du marché, elles me parlent de leur petite famille, etc. Les habitudes que j’ai prises ici ont toutes un lien avec l’aspect social. Je dois avouer que j’ai un peu peur pour mon retour au Canada.  Puisque je sais pertinemment qu’au Canada la vie sociale est moins riche. On ne prend pas la peine de se saluer ou d’engager une vraie conversation.

 

Je pourrais continuer de le faire à mon retour, mais j’ai l’impression que socialement parlant les gens me trouveraient ‘’inadaptée’’. L’autre scénario serait que les gens y prennent goût comme moi.  J’espère que les gens vont y prendre goût, parce que j’ai vraiment l’impression que ce climat va énormément me manqué. J’ai aussi commencé à apprendre les rudiments de la langue, j’aurais énormément aimé continuer de l’apprendre et m’améliorer. Ce sont pleins de petites choses comme ça qui me font regretté que mon stage se finisse si tôt.

 

Mais en même temps, j’ai bien hâte de retrouver ma maison, mon lit, mes amis, la famille et tout ce que je connais. Par contre, j’ai  l’impression qu’eux vont toujours être là, tandis que le monde que je me suis construit ici, lui va disparaître.

 

Comme mes amis au Canada me disent : Une chance que tu as des cours à l’université à ton retour, sinon on a l’impression que tu resterais là-bas….Et ils n’ont pas totalement tort!

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