Une voix, un bulletin, une équipe

April 12, 2011 | Aminata, programme DRC/DVM, stagiaire, Groupe Pivot/Droits et citoyenneté des femmes GP/DCF Mali

Cela fait maintenant quelques jours que je suis de retour du Mali. Comment je me sens présentement? Nostalgique. Nostalgie est le mot qui décrit le mieux mon état d’esprit. Nostalgique du Mali, de la chaleur, de mes collègues de travail, de l’ambiance, des klaxons, des discussions, des couleurs, de la famille (puisqu’une bonne partie de ma famille y vit), des mes tâches quotidiennes. Cette expérience a été plus qu’enrichissante sur tous les plans. Elle m’a permis de consolider mes connaissances en communication et en journalisme, de connaître les milieux associatif et organisationnel de la société civile malienne, de mieux connaître les problématiques des pays en développement, de me créer un réseau de contacts, de partager mes connaissances et mes aptitudes avec une équipe dynamique et de laisser derrière moi des gens formés, mais surtout motivés à maintenir la pérennité des projets.

Mes responsabilités au Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des Femmes (GP/DCF) ont variés tout le long de mon séjour. J’ai participé à l’organisation de rencontres, j’ai travaillé à la conception d’un site web pour l’organisation, j’ai préparé des demandes de subventions, j’ai rédigé des argumentaires pour un protocole sous-régional pour la protection des femmes et évidemment j’ai beaucoup travaillé sur la création de « La voix de la Citoyenne ». Ce bulletin est devenu mon petit bébé à moi et à toute l’équipe de rédaction. Pour réaliser ce projet, il ne suffisait pas de simplement écrire des articles. C’était bien plus complexe que cela. Il fallait s’assurer que le comité de rédaction soit effectif. Que chacun connaisse sa responsabilité et y travaille sérieusement. Il y avait la directrice de publication, la rédactrice en chef, les journalistes. Ce sont également ajoutés à l’équipe sous ma suggestion, un photographe et une maquettiste. Les membres du comté de rédaction sont tous des membres du GP/DCF. Ce ne sont pas des journalistes, ni des photographes, ni des maquettistes, mais plutôt des juristes, des sociologues, des gens qui travaillent dans le domaine administratif qui ne connaissent pas grand-chose du journalisme. Il a donc fallu les former à l’écriture journaliste, aux techniques d’entrevues, aux types d’articles pour les préparer pour le travail du bulletin. Ensemble, le comité de rédaction a affecté des sujets et chaque journaliste devait rédiger un article.

La recherche d’une compagnie pour  l’impression du bulletin n’a pas été mince tâche. Il a fallu contacter des dizaines d’imprimeurs, négocier, se servir de ses contacts pour arriver à un coût d’impression raisonnable. Également, le travail de maquettiste est loin d’être simple.  J’ai téléchargé toutes sortes de programmes pour finalement décidé de travaillé avec Publisher. J’étais tellement découragée que j’avais l’impression que je n’arriverais jamais à créer un bulletin avec ce programme. Finalement, après plusieurs semaines de travail acharné sur Publisher, j’ai finalement pu présenter un modèle de maquette. Avec mon homologue Korotoumou, chargé de prendre la relève de maquettiste après mon départ, nous avons discuté de la meilleure présentation. Je l’ai formée sur l’utilisation de Publisher et avons perfectionné le travail jusqu’à la publication. Avec le photographe, nous avons pris de photos, fais des choix pour illustrer les articles. J’aimais beaucoup mon travail, mais vers la fin de mon séjour, je commençais à sentir beaucoup de pression sur mes épaules car l’échéancier arrivait bientôt à terme. Se rendant compte de la situation, la Présidente du GP a fait appel à un consultant en journalisme pour venir m’apporter son aide et me donner des conseils durant les quelques jours restant avant la publication. Son aide me fut très très précieuse. Il me donna beaucoup de conseils en ce qui a trait aux titres, aux relances, à la présentation des articles. Bref, le projet du Bulletin fut un véritable travail d’équipe.

Ce qui est le plus important, ce sont les sujets qui ont été abordés dans le bulletin. Le dossier spécial a été consacré à la situation de la femme au Mali aujourd’hui, 50 ans après l’Indépendance du Mali. L’année 2010 a marqué la célébration du cinquantenaire du Mali, comme plusieurs autres pays africains (Sénégal,  Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, etc.). Une occasion de célébrer, mais surtout de faire un bilan. Pour notre premier bulletin, nous nous devions nous aussi de faire notre propre bilan, mais cela avec des lunettes Genre. Dans le dossier, pour chaque domaine, que ce soit l’éducation, la santé, le droit ou la participation politique, la situation était exposée. Ce dossier permettait de souligner les avancées, mais de rappeler le chemin qu’il reste à parcourir quand la santé des mères et des enfants durant l’accouchement est encore fragile, quand peu de femme participent à la vie politique, quand l’excision se pratique encore ou quand beaucoup de femmes n’ont pas encore accès aux terres. D’autres articles ont porté sur la Nouvelle Politique Genre du Mali, sur l’accès à la justice pour les femmes, sur la citoyenneté dans le contexte malien. Ce n’est que le début pour La Voix de la Citoyenne et je reste confiante que le Comité Rédaction assurera une longue vie au Bulletin.

Pendant ce temps, moi je pense à eux à distance et je continuerai à suivre l’évolution du projet qui j’espère continuera à donner une Voix à la femme Malienne. Parce que je sais qu’elle a beaucoup de choses à dire!

 

www.gpdcf.org

 

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