Premiers pas au Paraguay

June 20, 2010 | Padraic, stagiaire, Paraguay, Escuela Agrícola San Francisco de Asís

Tel que promis, me voici maintenant au Paraguay où j’effectue un stage avec l’Escuela Agrícola San Francisco de Asís, qui est opérée par l’ONG Fundación Paraguaya. Après avoir passé un mois en Bolivie dans le cadre du cours de recherche notamment, j’ai pris le bus pour traverser le Chaco et je me retrouve aujourd’hui à Cerrito, un petit village à 5km d’Asunción, la capitale.

Comme j’ai l’honneur d’inaugurer la section Paraguay de ce blog, il serait approprié je crois de dire quelques mots sur ce pays méconnu. Vous avez sans doute entendu parler du Paraguay dernièrement si vous suivez le moindrement la Coupe du Monde. L’Albirroja a en effet fait parler d’elle en tenant en échec les champions en titre, l’Italie, et la sélection semble assez solide pour faire un bon bout de chemin dans le tournoi. Hormis le soccer toutefois, le Paraguay n’est pas reconnu pour grand-chose. Seul pays enclavé du continent avec la Bolivie, et avec seulement 6 millions d’habitants concentrés dans le Sud-Est, le Paraguay a la distinction d’avoir deux langues nationales parlées par l’ensemble de la population, soit l’Espagnol et le Guaraní. 95% des Paraguayens sont des métisses et utilisent ces deux langues selon les circonstances. L’Espagnol est employé lors des occasions formelles, alors que le Guaraní est le langage populaire, quotidien.

Contrairement à la Bolivie, le Paraguay ne possède aucune ressource naturelle, mais est situé sur le plus grand bassin d’eau souterraine au monde, et sa moitié orientale est baignée par un ensemble de fleuves importants dont le Río Paraguay, qui divise le pays en deux, le Pilcomayo et le Paraná. La partie est consiste en une plaine fertile alors que la partie ouest, le Chaco, est une sorte de savane, sauvage et hostile. L’économie dépend toujours de l’agriculture, avec une grande production de soya, de canne à sucre, de produits laitiers et de bovins. Politiquement, le pays a pris un virage à gauche avec l’élection de l’ex-évêque Fernando Lugo en 2008, mais, ne bénéficiant pas d’une majorité parlementaire, celui-ci n’a pu accomplir ses promesses, y compris la plus importante, la réforme agraire. La situation s’est compliquée depuis avec les révélations sur les paternités du président et l’émergence dans le nord du pays d’une soi-disant guérilla paysanne, l’Ejército del Pueblo Paraguayo. L’instabilité générée par les actes de ce groupement mystérieux,  dont l’existence même a été mise en doute, a forcé le président à prendre de devant ses critiques en instaurant l’état d’urgence dans cinq départements, (incluant celui où j’habite, Presidente-Hayes, mais ma région n’est pas affectée). Toute cette situation donne lieu à de multiples spéculations sur ce qui se trame vraiment dans les coulisses, mais je laisserai à d’autres l’exercice d’analyser.

Venons en maintenant à ma raison d’être ici. Je suis donc stagiaire auprès de l’Escuela Agrícola San Francisco de Asís, opérée par la Fundación Paraguaya. Cette dernière est la plus grande ONG paraguayenne et se spécialise dans la micro-finance et l’éducation entrepreneuriale. Cette synergie lui permet de doubler son efficacité et d’avoir une plus grande emprise sur ses résultats. La fondation se targue également d’être auto-suffisante, c’est-à-dire qu’elle ne dépend d’aucun donateur, se servant des intérêts sur prêts et de la vente de ses produits comme uniques sources de financement. Elle possède des bureaux à travers le pays et son travail soutient des dizaines de milliers de petits entrepreneurs. Quant à l’école agricole, elle représente le volet rural du travail de la fondation. Ici, 150 jeunes de 15 à 21 ans issus d’une famille rurale reçoivent une éducation axée sur la production biologique et les affaires. À l’enseignement en classe et sur le terrain est lié un apprentissage pratique dans le cadre duquel les élèves prennent part activement au maintien et à la gestion d’une entreprise de production au sein de l’école agricole. Celle-ci, soumise au même principe que son organisation-mère, dépend pour unique financement des produits de la ferme (produits laitiers, légumes, viande, œufs, viande, etc.) ainsi que des services connexes qui y sont offerts tel que l’hôtellerie. On retrouve donc les élèves tantôt en classe, tantôt dans les champs où ils mettent en pratique leur apprentissage tout en contribuant à soutenir l’institution.

La Fundación Paraguaya accueille une quinzaine de stagiaires dont cinq travaillent présentement à l’école agricole. Dans mon prochain billet, j’aborderai en détail la vie au Paraguay et à Cerrito en particulier, et le travail que j’effectue ici. Cette attente n’est pas fortuite, car je n’ai pas été très occupé jusqu’à présent, mais j’ai bon espoir que la situation se clarifie prochainement. D’ici là, je vous invite à suivre avec moi le parcours épique de l’équipe du Paraguay à la Coupe du Monde, et aussi celui de l’Allemagne qui se relèvera sans peine de sa cruelle défaite de vendredi (Désolé d’avance pour les stagiaires au Ghana).

¡Fuerza Paraguay!

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